lundi, mars 22, 2010

Patrimoine PQ présente sa troisième balladodiffusion:

Mille soleils au dessus de nous - Pop Orchestrale et Soft-Psychée Québécoise (1967-1976)


Une heure de pop orchestrale feutrée, de mélodies marginales aux parfums d'automne et aux arrangements sophistiqués. À mesure que le collectionneur averti écume les méandres de la musique psychédélique Québécoise, son oreille tend le plus souvent à développer un penchant pour les productions étoffés des chanteurs pop qui ont raté de justesse les palmarès. Et pour cause! Les croisements entre la sphère pop et le milieu underground abondent et ces glorieux oubliés que sont Valjean, Yanick, Les Maîtres ou Le Blanc & Lalancette méritent aujourd'hui qu'on leur offre une seconde chance. Une tangente musicale aussi subjective que le soft-psych (ou psychédélisme léger ) peut référer à bons nombres d'enregistrements. Intuitivement, nous avons privilégié des titres pour la plupart non compilés et des artistes s'y distinguant, malgré leur infortune. Réunis, ils prouvent qu'une pop mature et assumée résidait en dehors des consensus mercantiles. Sous les palmarès, la plage.

Je tiens à remercier mon ami Gaétan Bricault pour sa collaboration et son flair musical. Les prochaines balladodiffusions seront d'ailleurs animées en sa compagnie. Bonne écoute!

Mises au point


- Nous avons délibérément choisi de tracer un lien entre le chanteur Yanick et le fils du chanteur Pierre Létourneau, Yannic Létourneau. En l'absence de confirmation, la véritable identité du mystérieux chanteur Yanick demeure pure spéculation. Vous ne nous en voudrez pas d'avoir tout de même essayé de tirer une conclusion plausible lorsque nos recherches n'aboutissaient à aucun résultat tangible. Advenant une information privilégiée à ce sujet, nous rectifierons le tir et utiliserons un portrait différent pour l'affiche (
Yannic Létourneau est au centre). Il nous semblait néanmoins plus pertinent de soulever la question au passage. Qui es-tu Yanick?

- La série 70 000 de Capitol a aussi été évidemment initiée sous l'impulsion du groupe Les Cailloux. Comment les oublier?


- Oui, le son fait défaut lors de nos quelques interventions. Nous corrigerons le tout.

Au Programme

publicité - Le Québec sait faire (1969)
Valjean - Je m'en reviens chez-moi (1968)
intervention
Guy Rhéaume - Les yeux de velours (1972)
Serge Blouin - Bonjour John (1967)
Les Alexandrins - Je parle pour parler (1967)
intervention
Smokin' Woods - J'ai Péché (1972)
Robert Toupin - La Chine (1974)
Yanick - Laisse-moi donc faire (1972)
intervention
Le Blanc & Lalancette - Intro
Le Blanc & Lalancette - Rest with him
Le Blanc & Lalancette - Mister Gun Pt. 1
Le Blanc & Lalancette - Et nous avons peur (Mister Gun pt. 2)
Le Blanc & Lalancette - Le soleil au dessus de nous
intervention
Karine - La fille du soleil (1974)
Les Maîtres - Une nuit avec toi (1970)
Bruce Huard - Comme le soleil (1970)
intervention
**surprise** - Candy, Flowers, Perfume (1967)





Patrimoine PQ presents it's third podcast: Mille soleils au dessus de nous - Quebec's Soft-Psych & Orchestrated Pop (1967-1976). A full hour of uncomped gems and rare 45, all in the soft-psych vein (think of the Fading Yellow serie). Get your automn almanach's worth..in March! Enjoy! Leave a comment as you listen! Got some rare snapshots of Le Blanc & Lalancette? You actualy knew the guys in Montreal's band Smokin' Woods? Write us about it.

dimanche, mars 21, 2010


Érotique PQ - Spectacle du 4 mars 2010


J'ai eu le privilège d'assister pour une seconde fois au spectacle Érotique PQ, un hommage drôlement bien fiscellé aux cultissimes bandes sonores du cinéma érotique Québécois du tournant des années 60-70. Comme lors de leur première représentation à Québec à l'été 2009, le groupe réunissait sur scène une foule de musiciens invités stygmatisés autour de la présence sonore du duo Call me Poupée et des cuivres et percussions du groupe ska Les Skapitones. Pour cette nouvelle version du spectacle, le groupe avait été réduit à une dizaine de musiciens, mais le rendu semblait déjà plus solide qu'à leurs spectacles précédents. Appuyés par un guitariste échevellé et délicieusement possédé, le supergroupe catalysait des compositions qui n'avait jusque-là jamais été interprétées en dehors de leurs studios d'origine! 40 ans plus tard, ces titres funk débridés ne manquaient toujours pas de faire trémousser une foule composée de connaisseurs et de néophytes. Quand c'est bon, c'est bon. Ceux qui n'avaient jamais entendu parlé auparavant de Viens mon amour ou de Y'a plus de trou à Percé n'étaient pas pour autant pus difficiles à convaincre...

Malgré quelques problèmes sonores, notamment avec les transitions spoken-word entre les morceaux, le spectacle dégageait une singulière vibration. On se sentait privilégié d'entendre des musiciens chevronnés miser sur ce répertoire des plus fastes et toujours largement méconnu. On souhaiterait maintenant que les programmeurs du Festival de Jazz tendent l'oreille et invitent ce projet des plus originaux à se produire sur une scène à la mesure de leurs ambitions. Cancellez Frédéric de Grandpré et rectifiez le tir...

Voici un brève vidéo du spectacle où le groupe interprète Valérie se rebelle, le thème du film Valérie (1969). Une dédicace au compositeur Michel Paje qui avait généreusement donné son accord pour publier la bande sonore officieuse du film, récemment sur le blog Psyquébélique. 40 ans plus tard, vos compositions ne seront plus confinées à de vagues souvenirs: ça se vit sur scène, maintenant!



mercredi, mars 17, 2010


Lancement d'une nouvelle étiquette : Les Disques Pluton.

Plusieurs audiophiles y rêvent en secret (moi le premier), alors que certains foncent déjà! Après quelques années à rechercher la crème du garage, du rockabilly, du surf et du soul Québecois, les auteurs de l'excellent blog Vente de Garage, Félix B. Desfossés & Mélodie Rheault, lanceront officiellement ce vendredi 19 mars leur nouveau projet: Les Disques Pluton. Des titres jadis créés au Québec et pressés de nouveau Québec. ll y a de la vie dans ce lointain orbite, croyez-moi... et sur vinyl à part de ça! Tu parles d'une initiative pertinente!

Pluton annonce déjà la publication d'un premier 45 tours regroupant quelques grooves rares de l'organiste Donald Seward, anciennement de César et les Romains. Le tout sera aussi remasterisé et est déjà offert en téléchargement. On ne peut que saliver en attendant la suite!


Pour le moment, l'heure est à la célébration! Le lancement officiel se déroulera au bar Le Divan Orange, à Montréal, ce vendredi 19 mars dès 21h00. En plus d'accueillir Donald Seward, un public averti aura droits aux performances des Revenants, Buddy McNeil & the Magic Mirrors ainsi que les fascinants The Sound of Sea Animals, le tout sous la supervision sonore des DJs Mimi la Twisteuse & Otis Fodder. Tout un programme! Enfilez votre groove!

If you're in Montreal for the week-end, be sure to check out this friday night at Le Divan Orange the launch of a new label: Les Disques Pluton. Fellow bloggers Felix B. Desfossés & Mélodie Rheault from Vente de Garage initiated the project and plan to release rare Quebec grooves on vinyl, starting with early funker Donald Seward (of Cesar & les Romains fame). Downloads are also available on their website. One must applaude such initiative! The party starts at nine with killer bands The Revenants, Buddy McNeil & the Magic Mirrors, The Sound of Sea Animals and DJs Mimi la Twisteuse & Otis Fodder. Be there, square!



dimanche, mars 14, 2010

Finalement (1971) - Extraits Vidéos

À notre connaissance, le long métrage Finalement... n'a jamais fait l'objet d'une réédition officielle sur VHS ou DVD. Considérez le film pour la qualité de son intrigue, l'exécution de ses personnages ou l'originalité de son scénario et vous comprendrez pourquoi on ne s'empresse pas à le rendre de nouveau disponible. Est-ce à dire que le film est sans intérêt? Loin de là! Vous y retrouvez de rares performances chantées par Renée Martel ainsi que Pagliaro et son nouveau band (Denis Lepage, Andy Shorter et un excellent bassiste non-identifié), mais aussi plusieurs scènes technicolorées qui nous replongent frénétiquement dans le Montréal de la fin des années 60. Far out! C'est d'ailleurs l'aspect qui me séduit le plus dans ce cinéma d'exploitation: ces films offrent un regard différent -voire complémentaire- sur une époque éclatée que nous avons trop souvent résumé sous les thèmes populistes du yéyé, d'Expo 67 ou de Jeunesse d'Aujourd'hui. Amenez-en de la contre-culture et de la série B!


Pour faire suite à notre dernier article, l'audiophile Stéphane B. a pris littéralement les devants et nous a généreusement numérisé une scène à la hauteur de nos attentes: une conversation entre Renaud et Riberolles dans un bar psychédélique, à quelques pas d'une scène où Pagliaro chante son hymne J'ai marché pour une nation ! Quel cadeau! Merci Stéphane!

video

Sacrée performance! Nous vous offrirons très bientôt ld'autres extraits ainsi que la possibilité de télécharger le long métrage dans son entiereté. Espérons que cette initiative suscitera un intérêt public pour la réédition officielle de cette rare production... Bon visionnement!

mercredi, mars 10, 2010









Artistes Variés - Bande Originale du film Finalement...
(1971; Spectrum SP 107)


On a souvent souligné le tournant identitaire des musiciens Québécois au début des années 70, les moeurs se libérant et notre personnalité artistique se stabilisant autour d'une modernité sans bornes faisant fie (ou exploitant, c'est selon) des tabous. Alors que plusieurs chanteurs s'émancipaient comme jamais sur disques, un phénomène similaire était observé au grand écran. Pour ne cibler que cet aspect, la tangente érotique de notre cinéma (aussi connue sous le sobriquet anglophone de maple syrup porn ) illustre bien les mutations de cette faste époque. Dès 1968, de nombreux longs métrages «osés» furent produits, le plus souvent accompagnés de bande originales audacieuses. Du lot, retenons des titres comme Valérie, l'Initiation, Après Ski, 7 fois par jour, Deux femmes en or, Viens mon amour, Les Chats Bottés, Y'a plus de trou à Percé, La pomme, la queue, les pépins et j'en passe.

À ce sujet, je ne saurais trop vous recommander les récents articles de mes amis des blogs Psyquébélique et Vente de Garage qui ont chacun publiés de somptueux billets retraçant la création des bandes originales des films Valérie et Après-Ski. On vous y offre des primeurs musicales, des informations privilégiées, de rares images et tout un survol de ces deux films. Deux lectures essentielles. Le cas Valérie a pris tout le monde par surprise en étant ensuite analysé dans La Presse, puis dimanche le 7 mars sur les ondes de RDI. L'intérêt est définitivement public. La bande sonore officieuse de Valérie fait événement et ce blog, en plus d'y avoir participé, cautionne et encourage de telles initiatives.


Bien que le ton diffère légèrement des productions érotico-pop comme L'Initiation (Denis Héroux, 1970) ou Après-Ski (Roger Cardinal, 1971), Finalement... en calque néanmoins quelques formules gagnantes, à commencer par le casting d'un couple d'acteurs déjà bien connu du public. Le film de Richard Martin raconte les tribulations d'un photographe Français égocentrique joué par Jacques Riberolles (L'Amour Humain) s'amourachant d'une serveuse de snack-bar (Chantal Renaud) en vue de la révéler au monde comme la nouvelle mannequin, la it-girl. Les deux acteurs s'étaient rencontrés et fait connaître l'année précédente sous les projecteurs du plateau de l'Initiation... avant de tomber amoureux. Des acteurs complices, voilà qui attisait déjà les cinéphiles... La distribution Franco-Québécoise incluait aussi Andrée Boucher (La corde au cou), Monique Mercure (Deux femmes en or; Viens mon amour), Jacques Desrosiers (Après-Ski), Jacques Normand (YUL 871) et Jacques Famery (Les Chats bottés; Parlez-nous d'amour).












Si le film eut un succès plutôt limité, sa sortie fut néanmoins accompagnée d'une bande originale afin de profiter de la vague maple-syrup. Contrairement à celles déjà publiées sur l'étiquette GAP, vous n'y retrouverez pas de longs instrumentaux soul ou funky adaptés au scénario et peu d'orchestrations complexes et déjantées. Pour son premier long métrage, le producteur Denis S. Pantis (Disques Mérite), flairant toujours une bonne affaire, eut plutôt l'idée de puiser au travers des meilleurs prospects de son écurie. En confiant l'orchestration à l'arrangeur chevronné Jerry De Villiers, Pantis opterait parallèlement pour des chanteurs qui avaient déjà la cote auprès du public et ceux qui n'attendaient qu'un coup de pouce de sa part pour gravir de nouveau les palmarès de la province. Il produirait le film et superviserait la bande originale en compagnie de George Lagios, futur producteur de Michel Pagliaro et Walter Rossi notamment. C'est aussi Lagios qui composera avec l'auteur-compositeur William Finkelberg (le hit Some sing some dance de Pagliaro l'année suivante, c'est lui) le thème du film, avant que la chanteuse Renée Martel n'en rédige les paroles. Cette dernière serait rejointe par d'autres protégés de Pantis, tels Bruce Huard (ex-Les Sultans), Michel Pagliaro et le chanteur folk Éric.

Denis S. Pantis (Disques Mérite)

L'ensemble des compositions reflète bien l'ambiance chaude et émancipée qui teintait déjà les productions de ce tournant de la décennie 60-70. De nouveaux soloistes comme Huard ou Pagliaro participent à cette émancipation, eux qui avait déjà quittés leurs groupes yéyés quelques années auparavant pour emprunter une tangente pop orchestrale plus.. sophistiquée. Des thèmes marginaux se démocratisent de plus en plus notamment sur l'envoutante composition de Éric, Marie Boucane. En un sens, Finalement se développe simultannément aux bandes sonores de l'étiquette GAP en animant des situations similaires, mais dégage de loin le plus de retenu. Une scène d'orgie, une dans un bar psychédélique et une autre plutôt enfumée ne réussiraitent pourtant pas à dévergonder cette production, somme toute, soft-pop. Rassurez-vous: ce n'est pas une perte, loin de là.

Des titres toujours inédits.

La plupart des titres ici réunis furent individuellement pressés entre 1969 et 1971 pour chaque artiste, sur de multiples étiquettes administrées par Pantis lui-même (Spectrum, DSP, Pax). Du lot, sept titres sur dix n'ont toujours pas été officiellement rééditiés depuis leur parution originale. Et on ne parle pas de petites pointures... Michel Pagliaro offre L'amour est là, sa reprise électrifiée de Step inside love, un titre que Paul McCartney avait offfert à Cilla Black en 1968. Le tube s'était aussi avéré être un hit mineur pour son interprète à la sortie de son second album éponyme (1970; Spectrum SP103), mais reflétait du même coup un côté légèrement fleur bleue qui serait judiceusement évacué quelques mois plus tard avec la sortie de J'entends frapper. Avant d'écrire son hit définitif, Pag ponderait un rock emblématique (quoiqu'il en dise) de la fierté nationale qui soulevait le Québec d'alors: J'ai marché pour une nation. Le vent tourne et Pag ouvrait la marche à coups de
guitares incisives sur fond de Hammond.





Ce qui surprendra les fans du rockeur, c'est l'inclusion d'un titre inédit à la bande originale: Arrête Lucie. Proposé à l'origine sur le blog de l'Ex-Exorbité, ce fougueux boogie ne semble pas avoir été publié ailleurs précédement. Absent de la discographie officielle du chanteur, cette chanson aurait même échappée aux biographes de Pagliaro qui l'omettent de leur liste, pourtant déjà exaustive. On comprend qu'il s'agit d'une commande spécifique au projet lorsqu'on sait que le personnage interprété par Chantal Renaud s'appelle... Lucie. Si l'air vous rappelait un autre titre de Pag, vous auriez raison. Arrête Lucie est une adaptation minimale de la chanson Arrête Annie, publiée en 1970 sur son second album éponyme. Une chouette curiosité, soulignée avec justesse par Martin de l'Ex-Exorbité. Restons dans les thèmes. Quelques mois auparavant, Pagliaro s'était associé à George Lagios pour composer un autre indicatif musical pour un obscure film à petit budget, L'Île (1970). Le Thème de l'Île impressionne par son dynamisme, son air de samba et l'orchestration touffue qui le vitamine. Composé par Pagliaro, la chanson a été doublement publiée en 1970: créditée au groupe "Le Studio" sur étiquette Citation puis à "Le Beau-Frère" sur la face B d'un simple de Pagliaro sur Pax. Le thème ne fait pas partie comme tel de la bande originale de Finalement, mais l'implication de ses musiciens dans celle-ci en fait une curiosité digne de mention et définitivement dans le ton... Vous possédez plus d'informations à propos du film (ou documentaire?) L'île de 1970? Écrivez-nous!



On confia le thème chanté de Finalement à Renée Martel. La chanteuse qui préparait alors son cinquième album (Mon roman d'amour, Spectrum SP108), opta aussi pour une reprise d'un titre de Barry Gibbs, ici rebaptisé Je suis la Terre. Un hymne pop doté d'un mélodie épique; le ton est léger, mais Martel demeure convaincante. Pour sa part, le thème de Finalement emprunte à nouveau quelques aspects de la bande originale de l'Initiation en tentant de répéter la formule de la ballade qui avait si bien fonctionné l'année précédente pour Diane Dufresne (Un jour il viendra mon amour) et le film. Bien que différentes, on ressent malgré tout dans ces deux ballades une même vocation: la ballade fleur bleue d'un long métrage à sensations, soulignant les leçons tirées de l'Amour... Compilé sur les nombreuses rééditions de Renée Martel chez les Disques Mérite, le thème offre des arrangements étoffés et aériens ainsi que de multiples progressions qui en font un petit bijou de chanson pop. Une somptueuse eccentricité à son catalogue!

Bruce Huard

Par de complexes arrangements et l'originalité des morceaux retenus, une singulière vibration soft-pop se dégage du lot. À la fois naive, ambitieuse et assumée. Les chansons de Bruce Huard en sont les meilleurs exemples. Vous m'avez bien lu. Comme le soleil, une composition originale, coupera le souffle aux amateurs de soft-psych et convainquera les puristes des intentions post-Sultans du chanteur. Avec ses cuivres scintillants rappelant le son du Bosstown, son refrain aussi explosif qu'accrocheur et son (trop) court break instrumental en conclusion, ce simple de juillet 1970 en imposait. Un second titre, Toi et moi, est cosigné Bruce Huard et Denis Forcier. Depuis la dissolution de son groupe, l'ancien guitariste des Sultans qui avait aussi biffurqué par le Coeur d'une génération avait développé une oreille pour des arrangements audacieux et des mélodies baroque-pop. Son influence déteint inévitablement sur Toi et moi , insufflant à des paroles plutôt mièvres un environnement sonore raffiné de cordes et de cuivres. Du bonbon. Ces deux titres furent aussi réinterprétés en anglais par Huard, mais jamais pressés à l'époque. Curieusement, ce sont ces versions qui, finalement, figurent sur ses grands succès L'amour, l'Amour, l'Amour (Mérite), Fly me to the sky (Toi et moi) & Just like the sun (Comme le soleil).

Eric (St-Pierre)

Depuis ses débuts au sein du groupe garage Les Gamins, Eric St-Pierre avait roulé sa bosse en solo afin de paufiner son approche plus folk-pop. Révélation Masculine au Gala Méritas de 1967, il enregistrerait deux albums pour Pantis et une série de simples indédits à ces derniers. Avec un meilleur second album et son simple Marie Boucane pour l'étiquette Pax, Eric jouait le tout pour le tout afin de prouver qu'il n'était pas si sage qu'on le prétendait. Je ne peux confirmer que ce titre fut utilisée pour une des scènes plus frivoles du film (je ne l'ai pas vu dans son entiereté), toutefois son propos est on ne peut plus clair. Cette ode à peine subtile à la mari utilisent plusieurs allusions et consonnances pour vanter les mérites du tabac d'orchestre. Ou était-ce à propos de sa nouvelle flamme? Tongue in cheek, diraient nos cousins du sud. Inhallez...

Je suis si bien quand Mari(e) s'en vient.
Quand Mari(e) est là, ça sent bon.

Mari(e), le souffle de vie que je sens en moi.

Une douce harmonie, un nuage de joie...



Jerry De Villiers

... et expirez. Habillant la cinématographie, Jerry De Villiers apporte une touche de modernité à l'ensemble en proposant deux instrumentaux captivants. Sa reprise orchestrée du succès planétaire de Marc Hamilton, Comme j'ai toujours envie d'aimer, acquiert un charme cabotin au son et effets électroniques du Moog. Ludique. L'ambiance se modifie et le rythme ralenti sur la reprise instrumentale du thème de Finalement, plus mélancolique et langoureuse que sa version chantée. Alors que la mélodie progresse, le compositeur complexifie son arrangement, accentuant même les cordes d'un effet de phasing. On aurait souhaité plus de mesures comme ces dernières... mais l'arrangeur est demeuré prudent sur cette bande originale.




Certains de ces hymnes pop orchestraux ont tous les ingrédients pour se loger au creux de l'oreille de l'audiophile averti. Les rocks se chargeront d'animer le reste de vos sens. Ils ont partiellement inspiré notre prochaine balladodiffusion, 1000 Soleils au dessus de nous, cette fois-ci entièrement dédiée à une niche bien précise du spectre musical, le soft-psych (ou psychédélisme léger). À suivre...

Finalement, affiche originale (Éléphant)

Entre temps, bonne écoute! Si vous avez vu le film Finalement... et souhaitiez partager des extraits ou votre critique personnelle,
écrivez-nous.


Téléchargez la Bande Originale / Download the original soundtrack:

Artistes Variés - Bande Originale du film Finalement (1971; Spectrum SP107)