Aucun message portant le libellé progressif. Afficher tous les messages
Aucun message portant le libellé progressif. Afficher tous les messages

vendredi, octobre 05, 2012

Les Disques Mucho Gusto présentent... Résurrection!


Lorsque j'ai initié sur ce blogue le projet d'une compilation de rock chrétien québécois en 2009, je cultivais en secret l'idée que ce concept puisse intéresser une étiquette de disques d'ici, prête à s'investir dans une aventure aussi pertinente que psychotronique. J'avais conçu le tout comme un album prêt à être pressé, cumulant toutes mes recherches dans un livret complet, réalisant même une pochette fictive... Les Disques Mucho Gusto (L'Infonie, Jean-Pierre Massiera, Péloquin-Sauvageau) accrochèrent immédiatement sur cette collection de rares et fougueux hymnes religieux et recrutèrent votre humble serviteur afin de mener à terme cette folle proposition. Merci les gars!
Une rencontre privilégiée avec Yvon Hubert (Le jour du Seigneur; Spirisphère; Pélerins des temps qui passent I & II).

Quatre ans plus tard, la compilation Résurrection! - Rock chrétien et messes rythmées du Québec (1964-1978) sera enfin officiellement publiée le 23 octobre 2012 en vinyle, CD et format digital. Tous les titres offerts, tous , seront ainsi compilés pour la première fois depuis leur pressage initial. Notre ingénieur a méticuleusement repiqué l'ensemble des compositions et fais des miracles en l'absence des bandes maîtresses, révélant des instruments et autres modulations jusque là imperceptibles. Ça sonne, pas à peu près! Quatre ans donc à retracer une foule de musiciens passionnants  (Bernard et Roland des Alléluias, Yvon Hubert, Gilles Boisvert, les membres de Agapè, Charlotte & Hervé), à visiter le Sanctuaire et les studios RM de Cap-de-la-Madeleine (l'épicentre des messes à gogo), à rechercher des photographies témoignant de cette faste époque, à partager cette passion avec une classe d'un collège catholique... bref, à littéralement vivre cette Résurrection! À quelques semaines du lancement, Mucho Gusto vous offre un premier extrait foudroyant: Yvon Hubert - Coupe tes longs cheveux. Les seules conversions qui auront lieu le seront au nom du rock qui transpire de ces oeuvres sous-estimées.




Lundi le 8 octobre, j'ai eut le plaisir d'être invité à l'émission PM, animée par Patrick Masbourian sur les ondes de la Première Chaîne de Radio-Canada. Pour l'occasion, j'étais en excellente compagnie puisque Roland Tremblay (Les Alléluias) et Charlotte Lapointe (Charlotte & Hervé) avaient aussi généreusement accepté de se joindre à cette discussion autour de la compilation Résurrection. Quelle belle rencontre! Ré-écoutez l'entrevue en suivant ce lien.

 Sébastien Desrosiers, Charlotte Lapointe, Patrick Masbourian & Roland Tremblay.

jeudi, juin 28, 2012

Normand Théroux - Tant de temps / Pour communiquer (Kot'Ai KO153; 1973)


Normand Théroux fut à ses débuts professionnels l'organiste du talentueux groupe La Nouvelle Frontière, un des meilleurs espoirs de la troisième vague des groupes à proliférer au Québec à la fin des années 60. Aux côtés de Robert Letendre, Denis Chénier, André Brault ainsi que Richard et Marie-Claire Séguin, Théroux ajouta sa touche distinctive aux claviers sur deux albums que je ne saurais trop vous recommander, La Nouvelle Frontière (Gamma; 1969) & L'hymne aux quenouilles (Gamma; 1970). Le groupe rencontra un bref, mais respectable succès critique et populaire, notamment avec la parution de leur second album où Théroux s'impose dorénavant comme principal compositeur. La ballade des bourgeois qui ouvre ce dernier est effectivement un indice précurseur de la suite musicale qui animait déjà notre organiste...


Les aspirations artistiques individuelles de ces musiciens auront bientôt raison du collectif; le groupe se dissout en 1971, malgré la tentative des Séguin pour le ressusciter avec de nouveaux membres. Des cendres de La Nouvelle Frontière, seuls les jumeaux Séguin et Normand Théroux semblent avoir poursuivi une prolifique carrière artistique. Au sein du duo Les Séguin et plus tard en solo, Marie-Claire et Richard poursuivraient dans la veine folk éthérée qui épousait déjà si bien leurs voix. Normand, de son côté, aspirait déjà à quelque chose de plus dynamique et complexe. Si les membres originaux du groupes souhaitaient corriger cette conclusion, je les invite à communiquer avec moi et il me fera plaisir d'ajouter leur témoignage à cet article. 

Mainmise 21 (mars 1973)

Deux ans plus tard, Théroux revenait sur disque le temps d'un simple pour le compte de l'aventureuse étiquette montréalaise Kot'Ai. Avec le début des années 70, Kot'Ai se distinguait en douceur de ses compétiteurs avec son flair pour les sonorités underground qui s'immiscaient progressivement sur les ondes radios. Ayant déjà recruté L'infonie et les rockeurs à succès du power trio Mohagony Rush, l'étiquette dirigée par Robert Nickford (anciennement chez Warner Brothers) miserait sur d'autres talents aussi prometteurs que diversifiés tels Moonstone, Toubabou, Les Séguin, l'américaine-en-visite Ellen McIlwayne ainsi que Willie Dunn, un chanteur micmac de Montréal. Le chanteur et producteur Tony Roman contribuait même au label en tant qu'ingénieur pour Moonstone avant d'y graver lui aussi son 45 tours. L'esprit collectif des communes et -commercialement parlant- un goût prononcé pour le risque semblait guider les choix de Kot'Ai. Fusionnant habilement le côté artistique/spirituel et la rigueur financière qui accompagne la gestion d'un catalogue risqué, il ne faut pas s'étonner que Nickford ait choisi d'illustrer son étiquette des symboles taoistes de l'eau et du tonnerre...

La Patrie (avril 1971).

Théroux reviendrait sous les feux de la rampe en 1974 au sein de l'étonnant et sous-estimé groupe progressif Le Match. Bien que ce simple précède l'enregistrement de l'album Légendes (Sonogram; 1974) et qu'il ne soit attribué qu'à Théroux, il porte néanmoins la signature sonore distinctive de son futur groupe. Tant de temps s'ouvre sur un bref passage à l'orgue et à la guitare rappelant inévitablement le pont de A whiter shade of pale de Procol Harum. Cette face A joue autant la carte mélancolique que positive au niveau des paroles, mais au final, c'est le dynamisme contagieux du groupe qui domine. Le chant n'est pas parfait et ajoute à l'aspect légèrement brouillon de la prise, mais nul ne mettra en doute l'efficacité des musiciens à innover à chaque passage, insérant flûtes, guitare flangée et violon (François Leduc, est-ce vous?) en orbite de l'orgue. Pour communiquer en face B charmera les oreilles plus aiguisées et les audiophiles friands de pop psychédélique aux accents progressifs qui en redemandent. Les amateurs du Match reconnaîtront ce titre qui figurerait plus tard sur leur album, mais cette version est complètement différente et offre des paroles légèrement modifiées. Personnellement, je préfère cette première version à la seconde, plus rapide et efficace, mais trop polie à mon goût. À nouveau, la composition s'appuie principalement sur les paroles mystiques et le jeu de Théroux. L'ensemble offre de copieux mouvements innovateurs, encapsulant plusieurs niveaux d'intensité en un peu plus de 4 minutes... Un joyeux tour de force!


J'invite tous les membres du groupe Le Match et particulièrement Normand Théroux à pimenter cet article de leurs anecdotes. Vos témoignages nous aideront à clarifier la genèse de votre groupe. Sur ce, bonne écoute! Laissez votre commentaire.

Rare popsike single with more than a few prog moves from ex-Nouvelle Frontière organist, Normand Théroux. This was his only solo 45 and was recorded before Théroux officially formed Le Match in 1974. Leave a comment as you listen.





lundi, mai 05, 2008

The Musical and Humanist Advent Concept - Eleminate the Bill / Pour une faveur (1976; Reveal REV-1)









Ce groupe de Laval prônant l'Humanisme offrait de quoi surprendre: une production hard-rock entièrement autogérée sous leur propre label (Reveal), bénéficiant de pressages d'une surprenante qualité graphique. Enregistré en 1976, ce simple propose deux titres à mi-chemin entre le hard-rock et le progressif: déjantés, approximatifs et bilingues. Le groupe était composé de Peter Riden (voix, guitariste solo, cordes), Robert C. Schwelb (claviers, voix), Marc Ulus (cordes, bois, voix) et Pier Heiken (percussions). La face A est signée Riden tandis que la face B est l'oeuvre de Ulus. La délirante production-maison manque par moments de focus; en effet, les voix sont souvent étouffées dans le mix et de mauvais calibrages nous détournent malheureusement d'un intense solo expérimental sur la face A... Le groupe réussi toutefois à se distinguer en suant sans répit son rock sale et pesant (basse tonitruante, Hammond, wha wha). Un trip de cette nature ne saurait se résumer à une simple ballade dans le parc.

Ce simple ouvre avec Eleminate the Bill (comprendre "le projet de loi" et non le prénom), un rock effreiné servi sur fond de débat séparatiste.

Simple solutions through common acceptation
No language distorsion, canalization.

Law-makers turning into love-sharer [sic]

Abolishing limitation, separation.


Les chants suivent une mélodie primale rappelant les premiers Soft Machine tout en cédant la place pour un long break instrumental où malheureusement aucun musicien ne prend les devants - dommage. Il faut avouer que le mix manque d'air; il ne nous permet pas d'apprécier l'énergie déployée par chacun. Ce groupe déménage tout en prenant solidement position: pour eux, la séparation, non merci. Vous aurez besoin des paroles (agrandissez le verso). La face B, la francophone Pour une faveur, est un acid-rock des plus planants où Concept se distingue à nouveau des séparatistes.

Ton pays est immense;
Regarde dans tous les sens.
C'est une sphère qui est la Terre.
Toi qui penssais que c'était ta province.


Sous les secousses du Hammond, un Riden fuzzé et inlassable meuble les racoins et sait s'imposer comme un soloiste de talent. Le duo de voix, cette fois-ci légèrement plus audible, fusionne un barython au lead occasionnant un décalage plutôt intriguant. La pièce culminera sur un fade out plus dynamique, digne d'une pop-psychée de 1968, où de trop rares notes de flûte s'entrechoquent harmonieusement aux travers du fuzz.

Trois membres de «Concept» (Riden est au centre). Le blason psychédélique du groupe orne un t-shirt, mais aussi le fer forgé du balcon!

Peter Riden à tôt fait de répondre à mon email. L'auteur-compositeur et guitariste est toujours en activité et apparemment toujours en contact avec Robert C., keyboard player extraordinaire, mais aurait perdu la trace de ses compères Conceptuels. Il a depuis autorisé la réédition de leurs deux albums sur le label Allemand Long Hair (Invasion est bonifié du 45 tours REV-1) . Depuis maintenant 20 ans, il concentre ses efforts sur The Grand Barn, un centre naturiste à Vankleek Hill (Ontario). Pour ceux qui planifieraient déjà leurs vacances, sachez que Concept y sera en spectacle pendant une semaine complète en juillet 2008, un événement annuel initié par le groupe depuis le 7/7/1977...


Totally freaked-out acid-rock with progressive moves from this Laval band (north of Montreal). The band self-produced at least two 45 and two LPs (including their trippy 1978 opus, Invasion , reissued on the german-based Long Hair label) that I'm aware of. Small budget production but boy! can those guys rock! This bilingual release features two songs linked to the separatist debate, peaking at the time in Quebec (Concept , focused on Humanism, were obviously opposed). A superfriendly Peter Riden wrote back: he still performs today and have been runing for the last 20 years his own business, The Grand Barn: a clothing optional, alternative lifestyle, friendly private club and campground on 250 acres in Vankleek Hill (Ontario). Visit their site and look out for an upcoming show by Concept! All-week performances are scheduled for July, an event honored by the band since 7/7/1977...