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mercredi, décembre 11, 2013

Le Nouvel Ensemble Folklorique du Québec - Reels psychadéliques Volumes 1 & 2 (Révolution; 1969)


Le Temps des Fêtes semble toujours propice pour raviver notre intérêt envers les breakdown, les set callés ainsi que les violonneux et autres musiciens traditionnels qui ont forgé notre identité musicale. Province de tous les reels, le Québec a publié sa part de chants folkloriques depuis le début du XXe siècle et à ce sujet, je ne saurais trop vous recommander une visite par le blogue Tradotronik réalisé par le spécialiste Marc Bolduc, aussi animateur de l’émission Tradosphère sur les ondes de CIBL 101,5 FM. Les amateurs du genre seront comblés! Avec les années 60, le genre trad aura tendance à se métisser d’avantage, incorporant notamment des éléments du rock dans son jeu, avec l’arrivée de nouveaux talents tels Philippe Gagnon ou Dominique Tremblay. Toujours prêt à relever un défi et à explorer de nouvelles tendances, le producteur/chanteur Tony Roman imaginera deux albums qui, à ce jour, demeurent parmi les plus singuliers de cette décennie. Rares et convoités, les collectionneurs les connaissent d’avantage par réputation; aujourd’hui, tendons l’oreille…

En 1968, la carrière de Roman est déjà bien établie. Ayant fait ses débuts 5 ans plus tôt, il avait déjà fait partie de 3 groupes (Tony Roman 4, Tony Roman 5, Les Dauphins), obtenu un succès fou en solo avec sa reprise de Do Wha Diddy (150 000 copies vendues!), découvert Nanette Workman, produit une foule d’artistes, fondé ses propres étiquettes de disques (Canusa et plus tard Révolution, A1, R&B, Majaro), animé une saison télévisée de Fleurs d'amour, Fleurs d'amitié... Ayant toujours un pied dans les palmarès et l’autre dans l’underground, l’imprévisible maverick pouvait parfois être critiqué pour ses choix douteux et son impulsivité, mais sa fougue demandait néanmoins le respect.

 
Pagliaro, Lepage & Shorter.
Suivant son association avec le producteur français Jean-Pierre Massiera avec lequel il « co-réaliserait » le cultissime long jeu Maledictus Sounds (rebaptisé plus tard Expérience 9 par Roman lui-même et réédité chez Mucho Gusto), on assiste à la publication d’une infâme trilogie d’albums expérimentaux, pour la plupart avec la candide mention Freak-Out Total au revers de la pochette. Du marketing pour les hippies! Pour cette série, Roman s’entoure d’amis musiciens chevronés tels le multi-instrumentiste Denis Lepage (The Stringers, The Persuaders), le batteur Andy Shorter et le guitariste Michel Pagliaro (Les Chanceliers). Il imagine d’enregistrer live, sans retouche, les résultats de quelques séances nocturnes d’improvisations, aussi expérimentales qu’approximatives. Rien que du vrai pis tout croche aussi.

Si l’album Ouba (réédité en 2001 chez GearFab) avait tout d’un long jam rock simplement scindé en deux faces, les Reels Psychadéliques offrent quelque chose d’un peu plus complexe, mais tout aussi lousse. Les deux volumes sont séquencés en divers reels où parfois plusieurs moments distincts se confondent dans une seule et même chanson. Clairement audibles sur la plupart des pièces, des spectateurs et/ou des musiciens additionnels appuient le jeu des comparses de Roman avec des bribes de conversations anodines et d’indispensables envolées au violon. On se demande d'ailleurs qui peut bien être ce violonneux invité... Un simple combinant des extraits des deux Volumes est parallèlement publié en décembre 1969 avec les pièces Le Reel du Pharmacien de Ste-Anne / La ballade de Rose & Alfie (intense et disjoncté). Contrairement aux albums qui sont avares de détails, ce rarissime 45 tours crédite les musiciens comme le Nouvel Ensemble Folklorique du Québec, un qualificatif plutôt audacieux pour le groupe de Roman. En comparaison avec Les Super Reels du Québec (album essentiellement trad publié sur Révolution), il faut quand même avouer que ce que on nous offrait maintenant, eh bien... c'était carrément dans une classe à part! Autre fait à noter: ce simple offre ce qui pourrait bien être le titre le plus court pressé en 45 tours au Québec. Le reel du pharmacien de Ste-Anne ne s'étire effectivement que sur un maigre... 35 secondes!

Publiés sur étiquette Révolution, l’ensemble est une suite logique à Ouba (pressé simultannément sur A1) avec plus de titres distincts et une saveur folklorique en prime. Deux volumes à considérer comme une seule et même oeuvre. Avant de savourer votre verre, soyez prévenus : y’a probablement quelque chose de pas catholique dans le lait d’poule… Prenons le Volume 1 (pochette blanche). D'entrée de jeu, le Reel de la grosse Jeanne ainsi que Reel pour Dédé offrent quelque chose de convenu sans être psychadélique (sic), rythmé sans plus. Lorsqu'une Ballade des bibittes à feu embrase l'atmosphère du studio, on comprend mieux l'objectif du groupe tentant d'atteindre cet équilibre précaire entre un rock lousse et tonitruant et le jeu du frénétique violonneux. Trop poli, le résultat aurait probablement été anodin; ici, l'ambiance live, les quelques cris et une improvisation investie aident à partager efficacement le trip. Quelques reels plus loin, La modiste de Bertha poursuit l'expérimentation et offre un premier freak-out total. Ça décoiffe cette histoire de chapelière!  On est plus près de la valse à vrai dire, mais après une introduction solonelle (orgue, violon, piano), on coupe sec pour mieux laisser la cacophonie s'installer! Quelques secondes de feedback plus tard, Le Reel du Saumon poursuit sur cette lancée rock avec un Roman criard et un lourd riff qui sera aussi recyclé ailleurs plus loin dans... La drave sur le second Volume. Le reel de l’oncle Fred est d’avantage ludique et fait efficacement le pont avec la dernière pièce de Volume 1, Le reel de Frontenac, qui s’aglomère à un passage entendu précédemment dans La modiste de Bertha. Pour un album aussi court (29m02s), avouez que c’est plutôt touffu tout ça!
 

Le Volume 2 (pochette noire) poursuit là où le premier Volume s’est arrêté et ne déstabilisera pas l’auditeur averti. Il y a moins de titres, mais l'album gagne en momentum, comme quoi on peut sembler plus focus tout en sonnant toujours aussi lousse... Avec son blues plus concis qui laisse néanmoins de l'air à Shorter et au jeu désaxé du violoniste, Du foin pour Ti-Guy ouvre efficacement le disque. On renoue ensuite avec quelques mesures de valse alors La chose à tôt fait de nous rappeller qu'on a toujours affaire à la gang de Ouba lorsqu'elle s'anime follement autour d'un scat primal (vers 2m00s) de 5 minutes! Ayoye! La nuit de noce s'insère idéalement ainsi après la démence, dévoilant un clavecin jusqu'alors inédit dans ces sessions d'enregistrement. L'approche est plus délicate avec ses clochettes et bien qu'une crécelle vienne par moments nous surprendre, on se plait à penser qu'on aura droit à un numéro de pop baroque... Plutôt, on déconstruit la mélodie, on improvise allègrement, on crée une toile sonore, on crie à s'en plaindre: rude nuitée pour nos musiciens! Un cadeau de Michel accentue l’aspect brouillon de la réalisation. On arrête le tape, on avance puis on reprend, on alterne entre moult segments pour terminer avec un dernier reel: décidément, nous sommes toujours en salle de montage avec le groupe! Tony semblait bien pressé de conclure le mix pour vous laisser deux albums-cadeau sous le sapin en décembre 1969...


Si quelques longs jeux populaires furent pressés sur étiquettes Révolution ou A1 (Nicole & Frédéric, La Révolution Française, Donald Seward, Christian & Gétro ), on y retrouve néanmoins bon nombre d’albums grivois et folkloriques (Ti-Poil la carotte, Eille! Ça c’est cochon, As-tu envoyé ton 2$? ). C’est bien connu : Roman n’avait pas froid aux yeux et l’idée de financer des projets plus risqués par la vente de disques fantaisistes semble logique. Le tirage apparemment limité de la série « Freak-Out Total » laisse toutefois quelques questions en suspens. Est-ce que le thème était jugé trop marginal pour générer plus de copies ou bien cherchait-on combler quelques lacunes budgétaires aux catalogues Révolution et A1? Un tel phénomène – qualifié de tax scam aux États-Unis- fut longtemps utilisés pour boucler les budgets. On réalisait des albums en vitesse, le plus souvent avec des pochettes génériques ou un design minimal, distribués -ou non!- avec peu de promotion. L’album faisait le plus souvent un bide, mais réussissait néanmoins à justifier certains frais opérationnels de la compagnie. Était-ce le cas ici? On jase, là… Ça pouvait être aussi tout simplement un beau risque : deux albums nés aussi rapidement qu'un jam impromptu... juste pour le fun. Il ne faudrait pas sur-analyser deux albums de «reels psychotroniques» après tout.

Récemment, Étienne soumettait cette intéressante théorie: Est-ce que le violonneux serais un membre de la famille Marineau que Tony a sortie sur Révolution RE 8001, juste avant Reel Psychadéliques RE 8002 et RE 8003 ? J'ai décidé de consulter un spécialiste du genre, Marc Bolduc,  animateur de Tradosphère sur les ondes de CIBL 101,5 FM et blogueur émérite sur Tradotronik. Voici ses conclusions: Le peu que je connaisse de la Famille Marineau, à part quelque prénoms, il me semble surprenant qu’ils aient pu faire partie d’un tel projet, mais: qui sait? Parmi les noms que j’ai pu retrouver (je n’ai pu identifier le paternel…) il y avait dans le groupe: Adrien, Aube-Alma (Obalma?),Gérald, Irène, Jeanne, René Marineau et Yvette Marineau et de Fernand Pellerin. Je serais surpris qu'il s'agisse des même, me semble que ça fitte pas, surtout que les Marineau étaient assez "folkloriques", peut-être trop pour aller dans cette direction. Ceci dit, ce pourrait être des gens de la famille élargie... En espérant que cela puisse contribuer à tes recherches. On peut donc toujours spéculer... Merci messieurs!

Avec 1969, c'est un nouveau Tony Roman qui s'offrait médiatiquement. De son propre aveux, il délaissait les chanteurs populaires qui avaient fait beaucoup chez Canusa (Les Baronets, Patrick Zabé, Johnny Farago) pour se concentrer sur de nouveaux talents, plus rock ou marginaux (Georges Thurston, La Révolution Française, Les Hou-Lops, Madeleine Chartrand), tout en publiant ses nouvelles compositions toujours aussi hétéroclites. Il clamait avoir vaincu les démons de la drogue, mais était-ce bien le cas? Chose certaine, pour Noël 69, il était allumé et généreux, publiait notamment l'album Le Réveillon de la Famille Canusa et s'offrait même une mini-campagne publicitaire en placardant ses voeux à quelques pas de ceux de... John & Yoko. Sacré Tony! Finalement... je goûterai bien à son lait d'poule! Bonne écoute & Joyeuses Fêtes!

La marde ça pue, mais la guerre encore plus!  Roman pastiche Lennon pour vous offrir ses meilleurs voeux des Fêtes en 1969 (Photo Vedettes, janvier 1970).
 

vendredi, février 08, 2013

Max - The Flying Dutchman / Run Run (1970; Trans-World TWS 1740)

Gerry Markman, 19 ans, guitariste de Max en prestation à l'Hotel Nelson (collection personnelle).

Je vous avais sommairement présenté ce mystérieux simple hard rock montréalais dans un article de 2010. Entre temps, j'ai pu retracer le guitariste de Max, Gerry Markman, qui a généreusement accepté de répondre à quelques questions qui nous brûlaient tous les lèvres depuis. Nous sommes toujours à la recherche d'une photo d'époque du groupe. Si vous souhaitiez partager quelque document, écrivez-nous ici. 

S.D. : You wrote earlier that the band included Ian Lebofsky (singer), yourself (guitars & vocals), Sam Borsuk (bass), Colin Jacques (drums) and Ed Borsuk (sound & lights). Where did you guys come from and how did you first met?

Gerry Markman : The band was formed in 1969 as a blues trio called Dawn. I had known Sam since high school where he played with The Kreatures. I had been living in Val David at Jazz et Cafe playing blues during the week. On the weekends the jazz band was The Peter Leitch quartet. I have been friends with Peter ever since. Sam had been living in New York for a while with a band whose name I can't remember. They recorded an album but soon disbanded. Sam came back to Montreal and wanted to play and knew Colin Jacques from another band called The Fyve. I was the blues guy, Colin was the hard rock/Stones guy and Sam just made it all work. Eddy was Sam's brother and he was into sound and lights. We made such lousy money dividing it into 4 didn't make much difference from dividing it into 3! By 1970 or 71 we were played out and needed something. Ian was intorduced to us by a friend (?) and we tried it out. His wonderful  Morisson-like baritone and stage presence was the last ingredient. My guitar playing freed up and the band's sound evolved.



Did Max performed regulaly on the Montreal scene or outside the province? If so, what other bands played with you on the same bill?
Dawn played mostly in Montreal and Quebec City in the Centre de Loisirs and played at McGill on the campus and in the big ballroom a lot. This was the era of liquid light shows and psychedelia. We also played at the Gallery Café in Old Montreal and the Hotel Nelson. Other bands I remember were Higgins Hill and the Mike Jones Group.

Jones (aka Michael LaChance) also engineered a session at Studio 6 for my future band, Dandy Batt for the song Play On, written by Ian and me. It that was produced by Frank Marino from Mahogany Rush.


Which songs would be played live (originals, covers) ?
When Tony Orlando and Dawn came onto the scene we had to change our name even though I had registered it exclusively in Quebec. Couldn't afford a lawyer and we were nobody. We called ourselves The Max Band after my cat. Ian and I were writing original songs that were folky in origin but quite dynamic when played live. Our sound was influenced by Led Zeppelin and The Who and Colin's drumming was awesome. The band collaborated on Run Run, Up The River, Young and Strong. Ian and I were the song writers for Flying Dutchman, Black Willow, Melinda, and Grey Havens. We covered Babylon by Blue Cheer, South California Purples by Chicago Transit Authority and had a long band-arranged version of I Can't Keep From Crying, sometime incorporating classical themes that Sam wrote and Colins 'heavy music' drumming style that later was known as metal. And we played blues.


How did you get to record your lone single for the TransWorld label?
We met Hilly Leopold through some mutual friends and he decided to produce the band. He was also our personal manager....sort of.


Where was this single recorded? Can you tell me who exactly was Hilly Leopold, your producer? I don't recall seeing his name on other 45s from the era...
We recorded The Flying Dutchman at Montreal's Studio 6 in 8 tracks. Hilly's neighbour was Lori Zimmerman (Sweet Lorraine) whose husband Danny was the bass player in Life. Lori's voice voice can be clearly heard in the background vocals although she was standing 6 feet away from the mic. What a voice. Hilly had made the Trans World deal without any of our signatures. I still don't know what the deal was or why Ian and I aren't credited as writers although the song(s) were registered with BMI (CAPAC). Hilly abruptly left us to pursue managing a band called Alabama (no, not THAT Alabama) and produced a country single called Highway Driving.





I love the bands energy on Run, run. It's raw and hits the spot! What was the medias response? Was your 45 played over local radios? 
We were another great band that nobody heard of....little or poor management, no agent, no prospects. We started to argue over the usual stupid things and the band just fell apart. I don't remember any newspaper reviews but we were featured in event promotions and somewhere there must be some posters of Dawn and The Max Band. The Flying Dutchman did get a little airplay overseas and earned a few dollars in writers royalties but it was always a popular song played live. Run Run was fun fun....lots of posturing and loud guitar....


Was there any plans to record some more?
No. We couldn't agree on much anymore and Ian and I wanted to try working as a duo but that didn't get very far.

 
How long did the band last? Where are your fellow musicians right now?
The band split up around 1972 or 73 and by then nobody noticed but us. Ian is a respected voice teacher, singer/performer and choir master. He lives in Hudson Quebec and we're still in touch every few years. I heard that Colin had moved to England but I don't know if he continued playing music. Sam lives somewhere in Ontario and I don't know what became of him. Eddy stayed doing sound and lights and was a member of another of my bands called Dandy Batt (nee Sunrise) with Danny and Lori Zimmerman.


Thanks for your time and for setting the record straight on Max.
Thank you for your interest. It's wonderful that you are doing this. I still have our original single... the only record I made as an artist.



La carrière musicale de Markman ne faisait que commencer lorsque Max publia son unique simple. Au cours des décennies suivantes, il participerait à de nombreux groupes canadiens (Dandy Batt, The Cameo Blues Band, The Lincolns) en plus d'accompagner des artistes tels le groupe Tapestry ou les chanteurs Jeff Healey et Alannah Myles, notamment. De nos jours, il réside en Ontario et performe avec son plus récent groupe, The Sensations (à droite, dans la vidéo ci-dessus).  Rock on!

vendredi, octobre 05, 2012

Les Disques Mucho Gusto présentent... Résurrection!


Lorsque j'ai initié sur ce blogue le projet d'une compilation de rock chrétien québécois en 2009, je cultivais en secret l'idée que ce concept puisse intéresser une étiquette de disques d'ici, prête à s'investir dans une aventure aussi pertinente que psychotronique. J'avais conçu le tout comme un album prêt à être pressé, cumulant toutes mes recherches dans un livret complet, réalisant même une pochette fictive... Les Disques Mucho Gusto (L'Infonie, Jean-Pierre Massiera, Péloquin-Sauvageau) accrochèrent immédiatement sur cette collection de rares et fougueux hymnes religieux et recrutèrent votre humble serviteur afin de mener à terme cette folle proposition. Merci les gars!
Une rencontre privilégiée avec Yvon Hubert (Le jour du Seigneur; Spirisphère; Pélerins des temps qui passent I & II).

Quatre ans plus tard, la compilation Résurrection! - Rock chrétien et messes rythmées du Québec (1964-1978) sera enfin officiellement publiée le 23 octobre 2012 en vinyle, CD et format digital. Tous les titres offerts, tous , seront ainsi compilés pour la première fois depuis leur pressage initial. Notre ingénieur a méticuleusement repiqué l'ensemble des compositions et fais des miracles en l'absence des bandes maîtresses, révélant des instruments et autres modulations jusque là imperceptibles. Ça sonne, pas à peu près! Quatre ans donc à retracer une foule de musiciens passionnants  (Bernard et Roland des Alléluias, Yvon Hubert, Gilles Boisvert, les membres de Agapè, Charlotte & Hervé), à visiter le Sanctuaire et les studios RM de Cap-de-la-Madeleine (l'épicentre des messes à gogo), à rechercher des photographies témoignant de cette faste époque, à partager cette passion avec une classe d'un collège catholique... bref, à littéralement vivre cette Résurrection! À quelques semaines du lancement, Mucho Gusto vous offre un premier extrait foudroyant: Yvon Hubert - Coupe tes longs cheveux. Les seules conversions qui auront lieu le seront au nom du rock qui transpire de ces oeuvres sous-estimées.




Lundi le 8 octobre, j'ai eut le plaisir d'être invité à l'émission PM, animée par Patrick Masbourian sur les ondes de la Première Chaîne de Radio-Canada. Pour l'occasion, j'étais en excellente compagnie puisque Roland Tremblay (Les Alléluias) et Charlotte Lapointe (Charlotte & Hervé) avaient aussi généreusement accepté de se joindre à cette discussion autour de la compilation Résurrection. Quelle belle rencontre! Ré-écoutez l'entrevue en suivant ce lien.

 Sébastien Desrosiers, Charlotte Lapointe, Patrick Masbourian & Roland Tremblay.

mardi, mars 15, 2011





Michel Conte -
Aimons-nous les uns les autres (1969; Polydor 542-505)*mise à jour*

L'auteur-compositeur Michel Conte quitte sa France natale en 1955 et entame une carrière musicale au Québec avec la parution d'un premier LP sur Columbia dès 1966. Après avoir signé la trame sonore de Monica la Mitraille en 1968, Conte (maintenant chez Polydor) poursuit l'expérience, envisageant un album d'une pop ambitieuse, aux accents légèrement psychédéliques et -vous l'aurez deviné!- chrétienne. Si l'album comporte quelques titres sans grande originalité (La Colombe et le serpent; Aimons-nous les uns les autres), une solide production signée Stéphane Venne saura néanmoins révéler une surprenante -et parfois touchante- pop engagée.
Michel Conte en concert, octobre 1970 (Télé-RadioMonde, octobre 1970).
Prologue annonce de grandes choses par son amalgame rétro-futuriste; un air électronique enfantin à la rondeur analogue résonne et annonce déjà le genre qu'explorerait Pierre F. Brault quelques années plus tard. En ce temps-là nait comme une simple bossa couplée de quelques murmures (témoins de la scène de nativité décrite) qui déboule rapidement sur quelques breaks orchestrés foudroyants (Lorsque le gouverneur; ordonna par décret; que tous devraient aller se faire recenser) ou purement gogo (Ce fut cette nuit-là; que nacquit l'enfant de Marie; à qui elle donna le nom de Jésus).
Photo Journal; octobre 1970.

Plus loin, Pierre offre une performance des plus théâtrales. Conte personnifie et actualise l'apôtre rencontrant Jésus, alors chef d'une bande de motards. L'ambiance de la première partie est funky (J'ai 20 ans; je m'appele Pierre; je travaille à l'épicerie), où cuivres, Hammond et wah-wah sont au rendez-vous; la seconde partie s'élabore abstraitement sur un fond électronique alors que seul un clavecin électrique soutient un chanteur fébrile, crédible. La guitare fuzz accentue le sentiment d'urgence sur le superbe soul-psych Je reviendrai parler d'amour où le vedettariat semble difficile à vivre pour le prophète/idole populaire (Et quand je leur dit de prier; les uns me crachent au visage; les autres me baisent les pieds; on s'croieraient au Moyen-Âge). Conte crache son venin (Je suis devenu une affaire; un commerce, une institution; ça prenait un Juif pour le faire; c'est ce que tous les gens diront) et expose sa foi d'une verve d'enfer (Y'a même les boss des unions; y m'ont dit Christ fait attention; sinon on va't'crucifier).





Conte exporte, non sans difficulté, ses «concerts à l'église» à Paris (Écho-Vedettes, janvier 1971).


Jeunesse de 1969, c'est l'heure du Conte! Poussant l'audace d'un cran, le téméraire chanteur réalisa un exploit scénique que bien peu d'artistes avaient jusque-là tenté: offrir une série de spectacles pop rock avec un tout nouveau groupe en visitant plusieurs églises du Québec! Si le phénomène des messes rythmées - ou messes à gogo - était déjà relativement connu et apprécié (Les Hou-Lops s'y étaient adonné, mais retenez plus spécifiquement Les (Nouveaux) Alléluias, Yvon Hubert ou certains des artistes de notre compilation Résurrection! ), celui des albums concept ne venait que de naître aux oreilles du public. C'est ainsi, vêtu d'un kaftan chatoyant et entouré de son gang d'apôtres sur deux roues que le chanteur actualisa des paraboles devenues poussiéreuses et trop éloignées de nos soucis contemporains. Celui qui avait été un timide chansonnier vers 1966 avait gagné en maturité, notamment par ses nombreuses collaborations et notamment sa comédie musicale Monica la Mitraille en 1968. Si cette dernière expérience se solda par un échec commercial (résultat d'une grève des techniciens au même moment), le désir d'un spectacle d'envergure habitait toujours le jeune metteur en scène. Un spectacle puis un album pour un happening complet.. et fracassant.





Le MUQ (Motocyclistes Unis du Québec) avait a sa tête un ex-curé motard! La bande de Montréal-Est participa à quelques performances en plus de gracier la pochette de l'album de Conte.
Pour l'édition promotionnelle de l'album (aussi probablement disponible exlusivement aux concerts), Polydor fit imprimer un charmant libretto retraçant le déroulement du spectacle original tout en publiant les paroles et quelques rares clichés du happening imaginé par Conte. En prime, un collage de divers extraits de la presse écrite. Le voici dans son intégrité... et autographié par dessus le marché!










Téléchargez l'album complet / Download the album:


Michel Conte - Aimons-nous les uns les autres (1969; Polydor 542-505)

samedi, octobre 09, 2010











Sam Lloyd - Sam Lloyd (1972; Chart On CHA 2001)

Ce n'est pas la première fois que nous mentionnons l'étiquette montréalaise sous-estimée Chart On. Similaire dans son approche partiellement anglophile à
Crescent Street (Lori Zimmerman, Blind Ravage, Mill Supply) ou R&B, elle n'aura été en opération que peu de temps entre 1971 et 1972, ne publiant qu'une quinzaine de simples oscillant entre une pop-rock incisive (Éloïse, Jean Lévesque) du tournant des années 60 et d'autres numéros décidément plus fantaisistes (Minimum, Réal V. Benoit, Maxime), voir lounge (Dave Thomson). Du lot, le chanteur folk anglophile montréalais Samuel Lloyd en aura été le prospect le plus sérieux, le seul qui se verrait gracié d'une sortie sur long jeu. Mais ce n'était que le début...

La presque entièreté des simples Chart On fut enregistrée sous la tutelle du producteur-maison Normand Bouchard. Avant de passer derrière la console, Bouchard s'était fait les dents dans le milieu en tant que bassiste de la formation garage Les Shadols qui se rebaptiserait plus tard Les Monstres. Les deux groupes avaient la particularité de graviter autour du charismatique chanteur Marc Hamilton. À la dissolution des Monstres, Hamilton rejoignit Les Caïds le temps d'un 45 tours avant de rapidement entreprendre une carrière solo entre la France et le Québec. En 1969, au moment de réaliser son premier album, il confierait la direction artistique de cet opus définitif à Bouchard. On connait la suite: le simple issu du même album, Comme j'ai toujours envie d'aimer, est devenu l'un de nos premiers hits planétaire d'envergure, dépassant rapidement les 2 millions de copies et catapultant bien malgré lui Hamilton à l'avant-scène de la pop francophone. Il surferait la vague, mais tomberait de haut plus tard, accusant sa propre dégringolade au retentissement sans borne de son tube qui obscurcissait ses productions ultérieures. La gloire à son prix et le chanteur l'a tragiquement traduit par le titre de son autobiographie, La chanson qui m'a tué. Toujours est-il que ce succès instantanné pourrait bien parallèlement avoir joué un rôle positif dans la carrière de son jeune producteur...On le retrouverait d'ailleurs à la même époque derrière la console pour une autre figure marquante du folk psychédélique, le chanteur abitibien Mathieu, produisant son premier et sous-estimé album éponyme ( relisez l'article de 2008 ici ).



Un ex-Monstre aux airs de Beatles (Photo-Vedettes, mai 1971)
Lloyd connaissait déjà Bouchard et Hamilton puisqu'il avait été guitariste pour Les Monstres entre 1965 et 1967. Sa présence était psosiblement fluctuente puisque son nom semble aujourd'hui absent de la plupart des biographies du groupe. Les musiciens étant tous costumés, il faut en déduire que la substitution occasionnelle d'un membre pouvait aisément passer inaperçu...













Aussitôt créée en 1971, l'étiquette Chart On se distinguerait en moussant la carrière de Lloyd à l'aide d'un outil promotionnel jusque-là inédit au Québec ou même sur le reste du globe: le simple en format 12" S'il est vrai que le 78 tours mériterait d'être cité comme précurseur à ce type de mise en marché, le simple 12" se distinguait ne serait-ce que par son poids, sa vitesse de rotation et ses avantages techniques. Les passionnés de funk et de disco connaissent bien ce format où un simple est pressé sur un large disque vinyl de la taille d'un long-jeu, facilitant les mix en discothèques et améliorant du même coup la qualité des basses fréquences par l'utilisation de sillons plus larges. Le format deviendrait rapidement un standard auprès de tous les mouvements dancefloor ou électroniques et est toujours le principal format utilisés par les DJs. Les historiens du disco ont longtemps débattu sur l'origine exact du format, mais la plupart s'entend aujourd'hui pour dater sa popularité naissante entre 1973 et 1975. Chart On était pourtant loin d'envisager la publication d'un titre de Lloyd pour animer les discothèques. On devine rapidement que l'étiquette misait presque essentiellement sur l'impact visuel que créerait un simple de cette dimension auprès des DJs de la métropole. Le diminutif DJ apparait ainsi au matricule du simple. Celui-là ne devrait pas passer inaperçu , devaient-ils penser... La pochette parodiant déjà le fait par son illustration, l'étiquette pouvait bien alors le proclamer comme «The biggest 45 from Quebec in ten years» !





Piano Piano démarre avec toute une hargne beatlesque digne de 1968: la mélodie pop rock corrosive martellée à la guitare folk, fouettée par le fuzz et soutenue par une double piste vocale confirme la justesse dans le choix des simples du chanteur. Si le simple 12" ne comportait qu'une face, la chanson eut aussi un pressage sur 45 tours avec la bucolique ballade country-folk Free to be free. Son approche sans flafla prépare l'auditeur au véritable son du chanteur sur son long jeu qui, bien qu'encore plus épuré que cette face B, témoigne d'une production minimale reposant principalement sur la guitare et le timbre des harmonies envoutantes de Lloyd. À en croire la pochette du long jeu -fait impressionnant- l'auteur-compositeur jouerait aussi de tous les instruments.


Sam Lloyd, tout comme Roger Rodier, fut l'un des rares chanteurs principalement anglophones à tâter simultannément le marché francophone en publiant un titre original (Wah Wah ) et une adaptation de sa précédente face B (La liberté ). La production de cette dernière diffère légèrement de la version anglophone, plus aérienne et avec une introduction paufinée. Le phrasé est sans reproche et on pourrait facilement imaginer Pagliaro ou François Guy chanter un hymne similaire à la même époque.

Faire ce que je pense en moi me semble idiot.
Quoique souvent, la liberté en devient un jeu de mot,
Et j'oublie ce qu'il me faut.









Wah Wah poursuit l'amplification du registre de Lloyd et ne devrait pas être confondu avec le titre du même nom par George Harrison. Le chanteur y adopte plutôt une personnalité glamrock qui exaspère son entourage par sa surutilisation du wah-wah. Le tout n'est pas sans rappeler le son du 25e Régiment (période Ecology ) ou plus tard de la Bande à Benny. Curieusement, Lloyd choisit plutôt de pimenter sa guitare d'un flange pour résumer ultimement l'effet du wah-wah dans un refrain accrocheur sous forme d'onomatopée. Drôlement efficace!





On pourrait spéculer que les économies réalisées au niveau de la production du long-jeu (concentrée exclusivement sur la versatilité de Lloyd) incitèrent Chart On a tenter l'aventure des simples 12" et à se payer le luxe de publier l'album sous trois pochettes différentes. En effet, la plus «commune» dépeint Lloyd en gros plan sur fond bleuté tandis qu'une seconde utilise une photo sépia différente montrant le chanteur encadré au centre de la pochette, fumant une cigarette; la troisième version est une variation sur la seconde avec un encadrement de couleur différente (blanc). C'est indéniable, Bouchard misait énormément sur son protégé...


Beaucoup de bruit donc pour un artiste au registre si... intimiste. Préférons d'abord cet épithète à celui de downer folk qui lui a parfois été collé. Car s'il est vrai qu'à la première rotation on peut s'imaginer un auteur-compositeur replié sur lui-même et son instrument, des écoutes répétées permettront d'apprécier la prose candide et plutôt utopique d'un musicien somme toute épanoui. Lloyd n'est ni Skip Spence ni Al Stewart ou Chris Bell, mais il interpellera les oreilles déjà friandes de loner folk. On dénotera aussi l'influence de Crosby, Stills & Nash ou du Lennon du début de la décennie 70, particulièrement dans l'approche sommairement plaintive du chanteur, les thèmes qu'il aborde et sa prédisposition envers les doubles pistes vocales.





De simplissimes mélodies portées par une interprétation franche, par moments à fleur de peau, font que l'ensemble des compositions demande une écoute reposée, non pas studieuse, mais quasi méditative. À la manière des albums des Québécois Roger Rodier ou même Moonstone, la trame musicale s'impose en toute humilité, sans percussion, meublant l'espace de ses influences folk, blues et country. Après la liberté clamée par Free to be free, Lloyd poursuit sur cette lancée en chantant l'abandon (Let him go ), l'amour sublimé (Realize ), la révolte (
la sombre Strike out every name ), la foi (la dramatique Do you agree with me; God bless ), l'innocence de l'enfance (l'éthérée Until nine ) ou l'oisiveté (Nevermind my job ou la charmante Blues in your room ) dans ses moments les plus introspectifs. Autant au niveau des paroles que de la production, l'auditeur demeure dans une proximité certaine de l'oeuvre de Lloyd; si certains souligneront que l'ensemble manque parfois de profondeur, on ne pourra nier la candeur du chanteur qui pèse néanmoins chaque mot. Toujours, la voix nassillarde et à l'occasion rauque de Lloyd ponctuée de quelques notes électrifiées ajoutent ce qu'il faut de mordant à l'album. I'm not guilty, à la toute fin de l'album, marche d'ailleurs dans les sillons bluesés de Nevermind my job en plus caustique. L'amour libre, inévitablement, a aussi de ses travers...

Why do try to kill me [...]

Jealousy.

First within my brain

Finally

Jealousy, jealousy.

Stop tracking me.
I'm not your thing
No, no, I'm not.



À la même époque, Lloyd fait de nouveau preuve de bilinguisme et enregistre un simple en anglais et en français pour le temps des Fêtes. Pressé sur la nébuleuse étiquette Hippopotamus, la chanson bénificie de la coproduction de H. Liesker et de Louis Parizeau (Les Sinners, La Révolution Française) ainsi que de l'apport de Daniel Valois (flûtiste pour Les Sinners dès 1972) aux arrangements vocaux. On est entre bonnes mains...



Le chanteur y propose une chanson originale - un fait plutôt rare!- doublement adaptée qui ne s'éloigne pas trop du registre exploré sur ses précédents simples. Curieusement, la version francophone avait été rebaptisée Joyeux Noël à tous pour être ultimement compilée par les disques Mérite pour son album Party de Noël. Toujours vautré dans cette ambiance post-Beatles, Lloyd fusionne son message de paix universelle aux rapprochement qu'incite le réveillon, interpellant même plusieurs nationalités en conclusion. Remarquez qu'aucune cloche ni grelot n'est entendu tout au long de la chanson: ça fait changement! Lorsque je choisissais plus tôt dans cet article de qualifier Lloyd de chanteur anglophile, c'est partiellement dû à ce simple pour Hippopotamus qui laisse entreveoir un accent particulièrement prononcé sur la face B, Christmas carol. Malgré des paroles assez similaires, le chanteur semble effectivement mieux se débrouiller avec la version francophone, tant au chant que dans l'écriture qui elle, demeure sommaire. Pourrait-on en déduire que Lloyd était francophone et utilisait possiblement un pseudonyme anglais pour mieux seiller ses chansons? Je ne saurais dire... Ce qui importe ultimement, c'est le message de paix qui se dégage de ces deux faces.

Plusieurs prospects de Chart On posent pour La Chemiserie. Serait-ce Paul Delaney sous le pseudonyme de Maxime? (Photo Vedettes, juillet 1971).


Témoignant de son ecclectisme, l'étiquette Chart On proposa au chanteur Maxime d'adapter Piano Piano pour son ultime simple, Moineau Moineau (CHA 2000 009). On doute du lien qui unierait ce chanteur avec un autre du même nom, réputé pour son R&B déchaîné, notamment sur une reprise de Mustang Sally sur étiquette Carrousel; le débat est ouvert... Ce qui étonnera à la première écoute, c'est plutôt le travestissement du thème original en faveur d'une minable farce grivoise. La production diffère à nouveau légèrement de l'original chanté par Lloyd; elle délaisse le fuzz pesant au profit de choeurs planants et propose maintenant un chant de barython qui sonne délibérément déphasé. La chanson illustre ainsi de façon navrante l'histoire d'une fille obèse nommée Moineau qui souhaite quitter le nid familial pour se marier.
  

Elle venait de je-ne-sais-d'où la fille de ma chanson.

Gros Jambon, c'est ainsi qu'on l'appelait.

Elle souffrait d'obésité, mais rêvait de s'envoler, de s'envoler.

Elle risquait de s'écraser.



Lorsqu'on choisit de lancer son étiquette avec un titre comme Coco va au Bingo par Minimum, il faut croire que c'est le genre d'incident cocasse qu'on ne peut éviter... Nous reviendrons d'ailleurs prochainement sur d'autres productions d'intérêt de l'étiquette Chart On dans la seconde partie de cet article, alors que nous explorerons les enregistrements de Jean Lévesque et Éloïse, notamment. Entre temps, je vous laisse avec cette anthologie complète des enregistrements de Sam Lloyd! Je profite de cette occasion pour lui lancer un appel et à tous ceux qui ont cottoyé les artistes signés sur Chart On à l'époque (cités plus bas). Votre témoignage nous importe; aidez-nous à combler les trous de notre mémoire collective en nous écrivant. Bonne écoute!

Merci à Jean Lévesque (Jean & Steve), Marc Lambert et Félix Desfossés du blog Vente de Garage pour leur généreuses contributions.


Catalogue Chart On

Album:

CHA 2001 Sam Lloyd - Sam Lloyd


Simples:
2000 001 Minimum - Bingo-Bingo / Bingo-Bingo
2000 002 Minimum - Bingo-Bingo / Coco va au bingo
2000 003
Sam Lloyd - Piano Piano / Free to be free
2000 003DJ Sam Lloyd - Piano Piano (12")
2000 004
Rosita Salvador - Toi mon amour / Si c'est vrai que l'amour
2000 005 Cloudy Sky - Someday the sun / The Hum Song
2000 006
Éloïse - L'Amour avec toi / Bye Bye
2000 007
Germain Lacasse - Je t'aime tout simplement / Chicago
2000 008 Sam Lloyd - Wah-Wah / La liberté
2000 008DJ Sam Lloyd - Wah-Wah (12")
2000 009 Maxime - Moineau Moineau / Stan-Beurre Blues

2000 010 Jean Lévesque - Comme un brave homme / Melinda

2000 011
Dave Thomson - Le coeur d'une femme / Love is unknown
2000 012 Éloïse - Je suis pour / Ne joue pas
2000 013
David Smith - See me / Instrumental
2000 014 Réal V. Benoît - Dans l'fond d'nous autres / Les baveux

2000 015 Pierre Couture & Richard Dupuis - Les vagues de la mer / Instrumental



Téléchargez l'album et les simples de Sam Lloyd / Download the complete album and singles recordings:Sam Lloyd - Anthologie des enregistrements Chart On (1972)