dimanche, août 01, 2010



Jacques Michel - Jacques Michel (1968; Jupiter JDY-7017)

Jacques Michel (né Jacques Rodrigue) est un artiste aujourd'hui exceptionnellement méconnu. Si on ne retenait que les récents hommages et reprises staracadémiciennes diffusées en boucle de ses plus grands succès comme Amènes-toi chez-nous ou Un nouveau jour va se lever, on croirait à tort que l'oeuvre du chanteur folk ne se résume qu'à ces quelques succès. Pourtant, l'auteur-compositeur demeure un exemple de tenacité et d'avant-gardisme dans le métier. En attendant les rééditions officielles promis pour 2010, je vous propose de découvrir une période faste et influente de sa jeune carrière, précurseure aux hits.

The Rock n' Roll Kids, fin des années 50 (collection privée). Jacques Michel est sur la droite.

Avant d'entreprendre une carrière solo, Michel s'est auparavant fait les dents dès 1958 au sein des groupes de l'Estrie, The Rock n' Roll Kids et plus tard The Midnighters. Recrutant la majorité des Kids à la dissolution du groupe, il adopta avec ces derniers un répertoire plus près de ceux d'Aznavour ou de Bécaud et gagnerait, du même coup, un précieux collaborateur pour ses futurs projets: le guitariste Gerry Jeanson. Peu de temps après ses débuts chez les Midnighters, une brève excursion infructueuse en solo à Montréal le force à revenir à Sherbrooke où il fonde bientôt son propre groupe, Les Colibris, vers 1960. Les engagements professionnels se précipitent sur trois années avant que le chanteur ne décide de voler de ses propres ailes pour mieux s'attaquer à nouveau à la scène montréalaise. Dès 1964, les firmes Kébec puis Rusticana lui offrent de graver ses premiers simples et bientôt, Michel est invité pour accompagner la chanteuse Muriel Millard à la Comédie Canadienne. Cette prestation marque les débuts professionnels et engagés de l'auteur-compositeur: il est élu meilleur chanteur dans la catégorie Yé-Yé au Festival du Disque de 1965 (ironiquement pour son oeuvre déjà critique de cette tendance) et se voit offrir plusieurs contrats de disques. France-Canada profiterait de sa reconnaissance au Festival du Disque alors que simultannément l'étiquette Fantastic capitaliserait sur la «Révélation de la Comédie Canadienne», publiant au total deux albums en 1965 pour lancer la carrière de ce nouveau talent. Un départ foudroyant...
Publicité pour la seconde édition du Festival du Disque (Télé Radio Mionde, octobre 1966).

Une dualité certaine émane rapidement de l'oeuvre du jeune chanteur qui n'hésite pas à faire le pont entre les codes stylistiques d'un chansonnier inspiré et l'approche plus insouciante et dansante de la génération yé yé. Yé Yé vs Chansonniers (comme le chantaient Mouffe et Jean-Guy Moreau), pour lui, c'était le quotidien. Les métissages sont préconisés, inhérents à son oeuvre qui fait cottoyer des numéros de variété (Celui que j'étais; Dans les rues de Québec; Petite fille de 16 ans ) à de fébriles jerks (Ya Ya contre Yé Yé; Yé Yé Yé ) et des titres folk plus intimistes (Je t'attendrai; Il ). Louangé par la critique notamment pour ses textes s'éloignant des inepties préconisées par les teenyboppers, Michel ne réussit cependant pas à séduire les palmarès. Inlassable, il conçoit progressivement une suite logique à son cheminenent en signant avec une nouvelle étiquette en 1966 (Apex) pour y explorer la fusion de ses nombreuses influences dans une pop-folk américanisée et rigoureusement assumée, plus près de l'image qu'il projette. Pas de chance, un des meilleurs extraits de son album éponyme de 1966 résume candidement la position du chansonnier, invité à se réinventer, se moderniser - quite à danser!- pour espérer une quelconque reconnaissance:

Pas de chance, voilà que l'on me considère un croulant.
On m'accuse de ne pas être dans le vent

Quand je reste assis sur mon banc.

Et pourtant, et pourtant...


Une meilleure production accélèrera l'émancipation stylistique de Jacques Michel sur ses troisième et quatrième albums, tous deux éponymes, psychédéliquement llustrés et respectivement publiés sur Apex (1966) puis Jupiter (1968). Nous reviendrons dans un prochain article sur la brève période Apex du chanteur; concentrons-nous aujourd'hui sur les années Jupiter... Trois ans à peine passés depuis la parution de son premier disque, Michel s'affichait dorénavant sans trop d'artifice, en marge des yéyé dont il ne conserverait que la fougue en la pimentant de sa singulière verve. Les influences sont palpables, cette fois-ci principalement concentrées autour de la guitare de Gerry Jeanson, son ancien comparse des Midnighters. Aux premières notes d' Aller-Retour, on comprend l'impact que Bob Dylan (période Highway 61 Revisited / Blonde on Blonde ) à du avoir sur le chansonnier. L'emprunt sylistique est indéniable, mais ne pensez pas qu'il s'agisse de simples pastiches. Habilement arrangés par Jeanson, le groupe tricotté serré qui accompagne Michel (aussi efficace à l'harmonica) constitué de Serge Blouin (basse), B. Léger (batterie) et R. Grégoire (génial et juste au Hammond) rappele effectivement la fougue et le son Dylan. Les motivations de Michel demeurent toutefois siennes et son propos s'accentue, plus protest et lucide que jamais. En préconisant sa prose, Michel se distinguait à sa manière du populaire chanteur français Hughes Aufray qui était enclin à de similaires emprunts à l'époque.



Aller-Retour met en scène un thème qui reviendrait aussi sur les simples misant sur Les voyages forment la jeunesse et Je reviens de très loin: l'aventure et la quête de soi. Entre l'harmonica de Michel pour introduire L'oiseau, l'Homme et la Rose, une des nombreuses chansons sous-titrées selon le mystérieux concept des Lettres à Charlie. Difficile de cerner précisément ce qui rattache ces questionnements sur la liberté, l'intégrité ou l'humanité. Seul Michel le sait... Peut-être est-ce une incursion plus intimiste dans le journal personnel du chansonnier? Ce cycle avait néanmoins vu le jour sur son précédent album éponyme chez Apex, où on publiait la Première et la Seconde lettre à Charlie. Le style fingerpicking de L'oiseau... sied parfaitement la prose libertaire de Michel à l'orchestration délicatement soutenue par le Hammond tandis que l'introspective et entrainante Victor et moi poursuit sur les convictions pacifistes avec lesquelles l'auteur doit composer. L'important c'est de sauter la barrière , chante-t'il. Parfaitement calibrée, Les dés sont jetés (5e lettre à Charlie) montre à nouveau le chanteur dans sa quête identitaire; couplée d'un propos dramatique, la dynamique trame musicale en deux temps avec cet orgue sifflant en fait l'un des meilleurs titres du lot. Plus loin, les ballades downtempo J'ai vu (4e lettre à Charlie) et Presse-Toi (3e lettre à Charlie) équilibrent l'album par leurs réflexions reposées sur diverses formes de violences passées sous silence et, inévitablement, de la mort. Les voyages forment la jeunesse (premier simple issu de l'album) adopte un ton plus insoucient, plus près de ce que recherchent les palmarès. Le double sens que cache la notion de «voyage» ajoute à ce simple une dimension insoupconnée - tongue in cheek diraient les anglais. La référence lysergique qu'insère Michel rappelant en effet des exercices similaires chez les Small Faces (Here comes the nice) ou France Gall (Teenie Weenie Boppie):

On a parlé de tout puis de rien.
On a voyagé jusqu'au petit matin.

Un aller-retour ça se fait très bien.

Un carreau de sucre puis... on prend le train.

Les voyages forment la jeunesse...



 

Michel nous donne d'ailleurs un indice supplémentaire sur la pochette du disque qui semble confirmer cette impression. Sous son nom, une mince bande jaune laisse entrevoir une mystérieuse série de points et de traits... En utilisant le code Morse, l'audiophile averti découvrira ce qui pouvait être le «véritable» titre de l'album: High. Ben ça alors!

 High. C'était sous notre nez!

Aussitôt décollé qu'il faut bientôt espérer atterrir. Je reviens de très loin ouvre la face B et demeure un choix éclairé (même au revers) pour le second et dernier simple issu de l'album. Légère et aérienne, la chanson incite à nouveau l'évasion, avec juste ce qu'il faut de réverbération sur la voix de Michel. Misant de nouveau sur une perspective personnelle (Victor et moi et plus loin Mon père et moi ), L'Amour et moi semble avoir hérité de la fougue du chanteur Antoine. La vague des Élucubrations avait aussi déferlé sur le Québec dès 1966 et y avait semé ses graines de malice. Finies les inhibitions!

Antoine débarque à Montréal... et se rendra même jusqu'à Rimouski (Télé Radio Monde, octobre 1966).

Même si on a tôt fait de revenir à un propos plus roots (avec la patriotique C'était en terre d'Amérique et la tendre Il pleuvait ), c'est à nouveau l'influence d'Antoine qu'on retrouve sur la pétillante conclusion, Mon père et moi. Difficile de ne pas tapper du pied au son strident de l'orgue combo ponctuant les envolées de Michel qui répond spontannément et sans détour aux voeux de son paternel. Décapant!

Jacques Michel a toujours fricotté avec les YéYé. (Télé Radio Monde, octobre 1969)

En rétrospective, il semble que le succès populaire, auprès du public comme des palmarès, ne devint accessible à Michel que lorsque celui-ci décida d'écrire de nouveau pour le marché yéyé. Paralèllement à ses compositions fantaisistes pour Les Lutins (Monsieur le Robot , Roquet Belles Oreilles ) ou les Délinquants (On s'aimait bien, Un bout de chemin ), le chanteur compose quelques titres dans un effort ultime pour se remettre de l'échec commercial de son premier album pour Jupiter. La patience de Michel serait alors grassement récompensée lorsque l'absurde Sur un dinosaure et surtout l'intemporelle Amènes-toi chez-nous annoncerait des tubes en série, à commencer par la plupart des extraits de son prochain microsillon éponyme pour Jupiter en 1969. Effectivement, avec la fin de la décennie, c'est un nouveau jour qui allait se lever pour le chansonnier... L'étiquette Neptune (une division de Jupiter) capitalisa une dernière fois sur son poulain en publiant une fausse rétrospective du chanteur lorsque ce dernier signa avec la firme Zodiaque en 1970. Curieusement intitulé Jacques Michel 1960-1970 , l'album semble confirmer l'échec commercial du premier disque enregistré pour Jupiter puisqu'il en reprend la plupart des sélections, pressant le citron jusqu'à la toute fin. Remarquez, ce n'est pas un mal en soit puisque ces titres n'ont jamais (ou presque) fait l'objet depuis d'une quelconque réédition, exclues des tours de chant futurs du chanteur sur disque. Dommage pour un album aux vibrations si positives... Cruellement ignoré à sa publication, le temps est venu de donner à cet album une seconde chance, amplement méritée! En connaissez-vous beaucoup des émules pop de Dylan ou d'Antoine de ce calibre?

Je tiens à remercier Richard Baillargeon pour son survol de la carrière de Michel dans Rendez-Vous 98, de même que les sites Québec Info Musique et Le Parolier pour leurs mines de renseignements.
Télécharger l'album complet / Download the complete album :

Jacques Michel - Jacques Michel (1968; Jupiter JDY-7017)

mardi, juillet 27, 2010


Finalement - Le Film / Sélections Alternatives

Concluons en beauté notre série d'articles sur le long métrage de 1971 Finalement... , mettant en vedette Chantal Renaud et Jacques Riberolles. Ceux qui sont familiers avec le film ont dû remarquer que plusieurs chansons entendues dans certaines scènes étaient absentes de la sélection finale de la bande sonore. L'audiophile consciencieux Stéphane B. a pris soin de numériser tous ces titres qui avaient été originellement écartés de l'album. Généreux! Je ne saurais trop le remercier pour son travail (la numérisation du film comme tel, c'était aussi de lui). Allez visiter son blog, La Mémoire Retrouvée, aussi consacré aux méandres de la pop Québécoise des années 60 (Les Odds, Les Stratones, Les Fils d'Alexandre)!

De grosses pointures des différentes étiquettes du producteur Denis S. Pantis sont maintenant au rendez-vous. Vous aurez droit à un country routier
(J'ai fait le tour d'la Gaspésie ) et de la tendre sensualité (Viens ) de la part de Marc Hamilton ainsi qu'une ballade mielleuse de la part de Bruce Huard (J'aimerais vous dire ). Du lot, je vous recommanderai surtout la chanson Bête comme ça de Céline Lomez. Utilisée en toile de fond lors du générique et d'une navrante scène récapitulative, cette charmante ritournelle est notamment accentuée de quelques notes de Moog. Tout le monde devait s'arracher ces nouvelles sonorités qui émanaient du synthétiseur modulaire que seuls le producteur André Perry et possiblement Denis Lepage (aussi arrangeur de ce simple) devaient plébisciter à l'époque. Comme la plupart de ces titres furent toutefois réédités, j'en profite pour vous aiguiller vers les Disques Mérite qui ont éparpillés ces chansons sur les anthologies de leurs chanteurs respectifs. Seule exception dans notre sélection: la version alternative du thème orchestral de Finalement. Numérisée pour les complétistes à même la trame du long métrage, il s'agit d'une version aux airs de mazurka que De Villiers propose pour une scène mettant en vedettes Riberolles et Renaud en pleine conversation sur la réalité du métier de mannequin.











Comme le film n'a jamais fait l'objet d'une quelconque réédition, que ce soit en VHS ou sur DVD, et qu'il n'a été diffusé que très rarement depuis 40 ans, je vous propose de télécharger dans son entièreté le long métrage de Richard Martin. Voyez ou revoyez une distribution partiellement issue de l'Initiation (1970), de rares performances de Renée Martel et Michel Pagliaro, les envolées de la jeune comédienne Andrée Boucher (alors la coqueluche de la presse mondaine), de sournois caméos (Denise Filliatrault, Denis S. Pantis, Éric) ainsi que plusieurs scènes tournées au Parc Belmont et dans le centre-ville de Montréal. N'oubliez pas de porter une attention particulière à la scène d'orgie vers 1h01m12s en nous aidant à identifier les multiples caméos (possiblement des musiciens signés sur les étiquette de Pantis) que camoufle ce plan séquence! Bon visionnement! Laissez un commentaire!



Télé Radio Monde, septembre 1970.

Final segment on the movie Finalement. Thanks to a generous fellow (thanks Stephane!), we now offer you all alternative titles used in the movie. These never made the cut and thus weren't included on the original soundtrack; they were nonetheless already available at the time as singles from various labels (each owned by Pantis, film producer). Leave a comment as you download; this is a rare treat and should be acknowledged as such.


Téléchargez le film (AVI, + de 600mgs) / Download the full length movie (AVI, 600mgs):

Finalement... (1971)

Téléchargez les sélections alternatives / Download extra tracks from the movie:


Finalement... - Sélections Additionnelles

mercredi, juillet 14, 2010




Trois balladodiffusions à télécharger !

Réapprivoisez les trois premières balladodiffusions de Patrimoine PQ, nouvellement éditées à la demande générale sous forme de compilations! Les plus sarcastiques souligneront l'ironie de servir du réchauffé... en pleine canicule. Toutefois, loin de croire que mes commentaires et ceux de mon fidèle coanimateur Gaétan B. étaient dépassés ou devenus superficiels, c'est sous l'impulsion de plusieurs lecteurs que j'ai eu parallèlement envie de donner à ces sélections une seconde vie en misant cette fois-ci essentiellement sur la trame musicale. En tout, c'est plus de deux heures de matériel pour la plupart inédit et rarissime qu'on vous offre. Faites-en la bande originale de vos vacances sur les routes de la province!

Les balladodiffusions demeureront disponible pour l'écoute et vous les retrouverez regroupées sous l'onglet «podcast» (à droite de l'écran). J'en profite pour soliciter à nouveau vos connaissances au sujet de quelques-uns des titres que vous entendrez.

Vous parlez Huron et pouvez traduire les paroles de la «Danse de feu» de Kiowarini? Vous connaissez l'identité de la mystérieuse chanteuse Nadya (voir l'article plus bas)? Vous pouvez décrypter le poétique refrain flangé de «Bonjour John» ? Vous êtes en contact avec Robert LeBlanc ou Alain Lalancette? Vous faisiez partie du duo Jeanne & Madeleine?
Écrivez-nous! Bonne écoute!


Itinéraire 9 vers l'Atlantide - Pop Psyquédélique Québécoise (1966-1972)

01 - Indicatif CJMT (1968)
02 - Rings & Things - Strange things are happening (1968)
03 - Serge Mondor - Il fait noir (1970)

04 - Le District Ouest - Je suis ton copain (1967)

05 - Frederic - Je me souviens (1970)

06 - Valentin - Lumière & Son (1968)
07 - Le Cardan - Jardin d'Ébène (1968)
08 - Jean Lévesque - Comme un brave homme (1970)
09 - Mill Supply - Voyage to Bagdad (1969)
10 - Kiowarini - La danse de Feu Yoskaha (1971)

11 - Kanto - A kind of breakdown (1970)
12 - The Scene - Scenes from another world (1967)
13 - Martin Martin - Imagine (1968)
14 - Jeanne & Madeleine - Pourquoi les enfants (1969)


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Itinéraire 9 vers l'Atlantide -
Pop Psyquédélique Québécoise (1966-1972)


Les Filles d'Aujourd'hui - 40° au dessus du Yéyé (avec titres BONUS)

01 - Indicatif CJAD
02 - Anik de Luk - Les Filles d'Aujourd'hui (1970)

03 - Andrée Cousineau & Michèle Mercure - Kid Sentiment (1967)
04 - Louise Lemire - Emmennes-Moi (1970)
05 - Patsy Gallant - Le lit qui craque (1972)

06 - Guillotine - Hands of Children (1969)
07 - Indicatif CJAD Montréal
08 - Marie-Lou Gauhtier - In the Summertime (1969?)
09 - Eloïse - Je suis Pour (1970)

10 - Lori Zimmerman - 'Cause the world is mine (1971)
11 - Jasmine - Les Millions (1971?)
12 - Anna Bell - Cendrillon (1969)

13 - Marie-Claude - Un peu beaucoup (1968)
14 - Karo - Dans le ventre d'une énorme baleine (1968)
15 - Nadya - Tu es le même (1969)
16 - Myriam Martin - Dansons le Blue Beat
(1966)
17 - BONUS Suzanne Bouchard - La boîte à cadavres (1967)
18 - BONUS Bonnie Dobson - Pendant que (reprise de G. Vigneault, 1969)



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Les Filles d'Aujourd'hui - 40° au dessus du Yéyé

Qui était Nadya, cette mystérieuse chanteuse rescapée? (Télé Radio Monde, janvier 1969)


Mille Soleils au dessus de nous - Pop Orchestrale & Soft-Psychée Québécoise (1967-1976, avec BONUS)

01 - Marthe Fleurant - Publicité «Le Québec sait faire» (1969)
02 - Valjean - Je m'en reviens chez-moi (1968)
03 - Guy Rhéaume - Les yeux de velours (1972)
04 - Serge Blouin - Bonjour John (1967)
05 - Les Alexandrins - Je parle pour parler (1967)
06 - Smokin' Woods - J'ai Péché (1972)
07 - Robert Toupin - La Chine (1974)
08 - Yanick - Laisse-moi donc faire (1972)
09 - Le Blanc & Lalancette - Intro (1971-76)
10 - Le Blanc & Lalancette - Rest with him (1971-76)
11 - Le Blanc & Lalancette - Mister Gun Pt. 1 (1971-76)
12 - Le Blanc & Lalancette - Et nous avons peur / Le soleil au dessus de nous (1971-76)
13 - Karine - La fille du soleil (1974)
14 - Les Maîtres - Une nuit avec toi (1970)
15 - Bruce Huard - Comme le soleil (1970)
16 - Monique Leyrac - Flowers, Perfume, Candy (1967)

17 - BONUS Freedom North - Ordinary Man (1970)

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Mille Soleils au dessus de nous - Pop Orchestrale & Soft-Psychée Québécoise (1967-1976)


For your delight and since you asked for it, our first podcasts can now be enjoyed as compilations! It's the perfect soundtrack for those mad roadtrips ahead. Canned heat for your transistor, dig? Leave a comment as you listen.

samedi, juin 19, 2010



Paul Gauthier & Les Maîtres - Mon père dans une discothèque (RCA Gala CGPS 373, 1969)

Ce dimanche 21 juin, c'est la Fête des Pères. Vous n'alliez tout de même pas oublier votre géniteur, votre paternel, votre daddy-ho!?! Je profiterai donc de cette rare occasion pour célébrer brièvement les joies de la paternité et dédierai le prochain extrait à mon père, René, celui qui a su déteindre efficacement sur ma personnalité depuis 34 ans et avec qui je partage plusieurs passions pour notre passé culturel. Pour toi, papa...

A priori, le nom de Paul Gauthier n'éveillera probablement pas de souvenirs tangibles. Dans les années 60, sa carrière évoluait déjà dans l'ombre de son frère, le célèbre chansonnier Claude Gauthier. L'homme emprunterait néanmoins des avenues similaires à ce dernier. Comédien avant tout, il a joué dans plusieurs longs métrages dont Entre la mer et l'eau douce (avec son frère, Geneviève Bujold et Robert Charlebois) en 1967, puis Red, Deux Femmes en or, Les Mâles et -mon préféré- Parlez-nous d'amour en 1976.



À la fin des années 60, Paul Gauthier caressait toutefois un projet différent: un hommage poétique aux mères et aux pères de ce monde. Deux étiquettes de disque différentes (RCA et Trans-Canada) approuvèrent le concept et commandèrent au comédien deux albums différents: Hommage à une mère (Trans-Canada) ainsi que Pour toi, mon père (RCA). Les deux albums offrent plusieurs témoignages poétisés, dans le style spoken word avec un accompagnement minimal à l'orgue. Certaiement pas de quoi fouetter un chat... Sur l'un comme sur l'autre, le débit de Gauthier est lent, le propos plutôt lourd et l'hommage, somme toutes, mièvre et redondant. Il faudrait toutefois patienter jusqu'à la publication de son hommage paternel pour retrouver le comédien cette fois-ci exalté et joyeusement naïf, prêt à dynamiser son approche. Et comment! En explorant toutes les facettes de la relation père-fils, Gauthier imagine une scène improbable et donnant lieu à tous les excès: Mon père dans une discothèque.

Le Prof Maboul fête son 4e anniversaire (Télé Radio Monde, ocotobre 1970).

En empruntant à outrance un slang hippie qui ne semble même plus de son âge, Gauthier personnifie un fils qui convainc son père de vivre aux rythmes de sa jeunesse et de sa marginalité. Une soirée au bar le Prof Maboul (propriété de Pierre Marcotte et du chanteur Joël Denis) se transforme en un véritable cours en accéléré à propos de l'éphémère génération psychédélique! On discute d'amour, de drogues (beaucoup de drogues), de liberté et d'autres utopies. Totalement dans l'air du temps! Père et fils se rapprochent à mesure que la scène évolue, bien que Gauthier ne soit l'unique (et éreintant) monologuiste de ce titre. L'accompagnement musical catalyse cette rencontre. Il y a de l'électricité dans l'air, littéralement, et pour cause: le groupe Les Maîtres offre deux performances époustoufflantes et inédites en guise de décor sonore!

Les Maîtres, vers 1969.

Avant de se métamorphoser en Morse Code Transmission, Les Maîtres pressèrent trois simples, tous sur RCA. Le groupe était composé de Michel Vallée, Jocelyn Julien, Christian simard et Raymond Roy. Ces deux derniers n'étaient pas de nouveaux venus puisqu'ils avaient aussi auparavant participé au groupe Les Pieds Nicklés. Sur disques, l'ensemble propose une pop-rock énergique et plutôt originale. Sur scène, on imagine que c'était beaucoup plus heavy, moins commercial, et c'est ce son qui fut retenu pour électrifier le discours de Gauthier. Leurs deux titres inédits à leur catalogue officiel sur 45 tours sont chantés en anglais et s'intitulent Everything can be free et Baby Yours. Une seule écoute vous convaincra et vous aussi, comme Gauthier, vous ne pourrez vous empêcher d'y aller de quelques «Wwoowowowowwww». De la dynamite! Rien ne nous prépare à une telle décharge et l'auditeur dévoué verra sa patience récompensée lorsqu'il atteindra la face B de cet album. J'en profite pour remercier les amis Marc Lambert et Satan Bélanger qui m'ont gentiment aiguillé vers cette obscurité, un album en apparence banal qui cache cette exquise perle rare. Bonne écoute! Mon père, toi t'es zoom...


lundi, juin 14, 2010


Journal des Vedettes, 5 septembre 1970.

Jean Fortier - La Dernière entrevue

J'ai récemment découvert ce qui pourrait bien être la dernière et saisissante entrevue qu'accordait le chanteur sur son lit d'hôpital en septembre 1970. Toujours aussi candide et lucide, Fortier se révèle amaigri et partiellement paralysé sur tout le côté gauche de son corps. Le diagnostic demeurait flou (trop de protéines dans le liquide rachydien ). Tragiquement et à son insu, un foudroyant cancer contrecarait déjà toute forme de rémission; les jours étaient comptés... À la première lecture, le fan en moi resta de glace, stoïc devant un tel témoignage. L'entrevue prit alors un détour inattendu. Soucieux d'élucider le mystère de sa soudaine maladie, Fortier trace ainsi un lien avec la consommation récente d'un joint de marijuana différent :

Un soir j'étais chez des gens que je connaissais peu et ils m'ont invité à fumer de la marijuana. Je n'avais pas fumé depuis un an. Je ne sais ce que contenanit cette marijuana, mais j'ai fait un «mauvais voyage». J'en ai d'ailleurs parlé à mes médecins. Jamais je n'avais réagi de cette façon. J'ai été obligé de m'enfermer dans une chambre, chez ces personnes, avec mon épouse. Sans elle, je ne sais ce que je serais devenu. Il est possible qu'à un moment, une obsession ait cause une crise psychique... je ne puis le dire avec certitude, mais c'est bien possible. Dorénavant, bien fini pour moi ces voyages, j'ai eu le mien. Je vous dis cela pour que les jeunes qui liront ce papier pensent avant d'agir. Je ne suis pas un croulant, du moins je le pense, et peut-être qu'ils me croieront. Qu'ils s'imaginent un instant la paralysie sur un lit d'hôpital. Qu'ils regardent mes photos, ils comprendront...

[...] Vivant, aurait-il pu promouvoir et vivre cet album sur scène assez pour le hisser dans les palmarès? J'en reste convaincu. Malgré la maladie, Fortier gardait un moral exemplaire et planifiait déjà son prochain projet: une comédie musicale intitulée
Zoé & Pamplemousse. Il s'agissait d'une satyre de la génération flower-fruit-drugs pour laquelle il entrevoyait déjà la participation d'Yvon Deschamps et Françoise Lemieux dans les rôles principaux. Le projet ne verrait malheureusement jamais le jour et il n'en tient qu'à vous d'imaginer comment cet étonnant spectacle aurait pu se manifester...

J'ai récemment pris la peine d'actualiser de nombreux articles de plusieurs extraits de la presse mondaine Québécoise des années 60. En plus des topos sur Jean Fortier (les simples et l'album éponyme), vous retrouverez dès maintenant quelques images supplémentaires accompagnant les articles à propos de La Belle Amanchure ainsi que de l'album Aimons-nous les uns les autres de Michel Conte. Bonne lecture!

dimanche, juin 13, 2010

Télé Radio Monde, décembre 1969.

Tournées et Nightlife Montréalais (1966-1970)


On a souvent de la difficulté à décrire le nightlife montréalais marginal de la fin des années 60, à en extraire toute la modernité et l'effervescence qui en émanait. La belle époque des boîtes à chanson prenait discrètement fin et celle des cabarets trépassait. Tout aussi «éphémères», les bars psychédéliques, libertins et ou carrément avant-garde défileraient parallèlement à l'effervescence des modes et mentalités. Aussitôt in que c'était out... Le foissonnant ouvrage de Chantal Dumas, Montréal Show Chaud, revisite efficacement le rythme effreiné de l'éveil culturel Québécois d'une perspective montréalaise, une identité nationale aux travers des manifestations des Bozos, Garou & Mouffe, Claude Léveillée, Pauline Julien et toute une trollée d'artistes influents. Riche en photos: Recommandé! Dumas néglige pourtant de souligner les manifestations yéyé ou psychédéliques (pensez aux Love-In des Sinners). L'héritage des bars underground, par exemple, demeure négligeable, mais est pourtant intrinsèque à «la vie d'orchestre»...

Aux cours des prochains mois, je vous proposerai plusieurs extraits numérisés de la presse à potins Québécoise de la fin des années 60. Photo Journal, Echos-Vedettes, Photo-Vedettes, Nouvelles Illustrées, Photo-Police, Journal des Vedettes, Le Nouveau Samedi et autres Télé Radio Monde seront ainsi scrutés à la loupe. Pour les complétistes, notez que la date et le titre de chaque publication est inscrit dans le nom de chaque image. Place aux éphémères!


Suparchipelargo de Charlebois et son esthétisme bédéèsque psychédélique (Echos Vedettes, octobre 1969).

The Ladybirds est un groupe américain de cinq musiciennes qui avait tout un gimmick: les membres jouaient sur scène, seins nus. Elles n'enregistrèrent qu'un seul, excellent et rare 45 tours northern soul vers 1966, (Handsome Boy / Yes I Know , disponible sur iTunes) mais les filles se produisaient déjà dès le début de la décennie et continueraient jusqu'à la prochaine. Elles feraient une brève apparition dans le film de sexploitation de 1968 The Wild, Wild World of Jayne Mansfield et seraient aussi bouquées, la même année, au célèbre bar Chez Paree de Montréal.






Le nightlife montréalais, du Boulevard Saint-Michel à Notre-Dame (Photo-Police; décembre 1969)


Deux mondes se cottoient au Forum à l'occasion de la Saint-Jean-Baptiste (Nouvelles Illustrées, juin 1969).

Si le groupe montréalais Life vous est inconnu, je ne saurais trop vous recommander l'article de l'ultime blog Garage Hangover (leurs sélections Québécoises valent le détour) à propos de leur simples de 1969 pour l'étiquette Polydor. Je vous proposerai bientôt un survol de leur unique album; en attendant, écoutez leur premier simple.







Starovan (commandité par la radio de CJMS) et Musicorama étaient de folles entreprises où quelques dizaines d'artistes partageaient la scène le temps d'une brève mais intense tournée en province ou dans la région montréalaise. Un feu roulant de performances alors que les groupes et chanteurs alternaient leurs courtes prestations (20 minutes environ), le temps de jouer leur plus récent simple, avant de céder la place à un autre, puis un autre... Véritables panoramas des vedettes montantes de la pop Québécoise, la formule éreintante avait tout de même un sacré ratio (1 spectacle, 10 à 20 artistes différents) et permettait de saisir en une soirée LA pop du moment. Tous les éléments y étaient réunis! Aujourd'hui, on préfère les festivals aux interminables tournées, regroupant des dizaines d'artistes dans un programme condensé de quelques jours (Osheaga, Francofolies). Cette diffusion, pour la plupart du temps montréalocentriste, ne pourrait-elle pas reprendre la route, question que tout le Québec en profite? Les récents spectacles ittinérants Tous les garçons et Toutes les filles en sont de bons exemples. Il y avait aussi cette imposante tournée de nombreux groupes métal Québécois qu'il faudrait louanger, mais... j'ai oublié le nom.



Starovan de novembre et décembre 1969 (Photos-Vedettes; Échos-Vedettes)


Starovan d'octobre 1968 [g] et novembre 1967 [d] (Le Nouveau Samedi; Journal des Vedettes)

La vague déferlante des groupes yéyé puis psychédéliques entraina une surabondance de prospects entre 1964 et 1969. Qui deviendrait le it-thing des palmarès de la semaine prochaine? Quel nouveau venu nous ferait oublier tous les autres? Voici quelques prétendants sans lendemain qui n'existèrent que le temps d'une photo discrètement cadrée dans les journaux à potins. Saurez-vous nous en apprendre plus à leur sujet? Écrivez-nous!


Les Gladstone [g], avec un jeune Pierre Flynn (Photos-Vedettes, octobre 1970) et les Satanicks [d] (Télé Journal, juin 1969)



Si Les Smacks ne furent probablement qu'un feu de paille, qu'en est-il des GAP qui avaient un contrat avec les Disques Jupiter?
Et que dire de cette mystérieuse Roseline? Quelqu'un la connait?



Rare press clips of Montreal's nightlife between 1966 and 1970, scanned in high definition, taken from numerous gossip newspapers from my personal collection, with more to come in the next months. Check out the lineups on those Starovan tours! If you know anything about these last four bands (Gladstones, The GAP, Les Smacks, Les Satanicks), write to us.