mardi, juillet 27, 2010


Finalement - Le Film / Sélections Alternatives

Concluons en beauté notre série d'articles sur le long métrage de 1971 Finalement... , mettant en vedette Chantal Renaud et Jacques Riberolles. Ceux qui sont familiers avec le film ont dû remarquer que plusieurs chansons entendues dans certaines scènes étaient absentes de la sélection finale de la bande sonore. L'audiophile consciencieux Stéphane B. a pris soin de numériser tous ces titres qui avaient été originellement écartés de l'album. Généreux! Je ne saurais trop le remercier pour son travail (la numérisation du film comme tel, c'était aussi de lui). Allez visiter son blog, La Mémoire Retrouvée, aussi consacré aux méandres de la pop Québécoise des années 60 (Les Odds, Les Stratones, Les Fils d'Alexandre)!

De grosses pointures des différentes étiquettes du producteur Denis S. Pantis sont maintenant au rendez-vous. Vous aurez droit à un country routier
(J'ai fait le tour d'la Gaspésie ) et de la tendre sensualité (Viens ) de la part de Marc Hamilton ainsi qu'une ballade mielleuse de la part de Bruce Huard (J'aimerais vous dire ). Du lot, je vous recommanderai surtout la chanson Bête comme ça de Céline Lomez. Utilisée en toile de fond lors du générique et d'une navrante scène récapitulative, cette charmante ritournelle est notamment accentuée de quelques notes de Moog. Tout le monde devait s'arracher ces nouvelles sonorités qui émanaient du synthétiseur modulaire que seuls le producteur André Perry et possiblement Denis Lepage (aussi arrangeur de ce simple) devaient plébisciter à l'époque. Comme la plupart de ces titres furent toutefois réédités, j'en profite pour vous aiguiller vers les Disques Mérite qui ont éparpillés ces chansons sur les anthologies de leurs chanteurs respectifs. Seule exception dans notre sélection: la version alternative du thème orchestral de Finalement. Numérisée pour les complétistes à même la trame du long métrage, il s'agit d'une version aux airs de mazurka que De Villiers propose pour une scène mettant en vedettes Riberolles et Renaud en pleine conversation sur la réalité du métier de mannequin.











Comme le film n'a jamais fait l'objet d'une quelconque réédition, que ce soit en VHS ou sur DVD, et qu'il n'a été diffusé que très rarement depuis 40 ans, je vous propose de télécharger dans son entièreté le long métrage de Richard Martin. Voyez ou revoyez une distribution partiellement issue de l'Initiation (1970), de rares performances de Renée Martel et Michel Pagliaro, les envolées de la jeune comédienne Andrée Boucher (alors la coqueluche de la presse mondaine), de sournois caméos (Denise Filliatrault, Denis S. Pantis, Éric) ainsi que plusieurs scènes tournées au Parc Belmont et dans le centre-ville de Montréal. N'oubliez pas de porter une attention particulière à la scène d'orgie vers 1h01m12s en nous aidant à identifier les multiples caméos (possiblement des musiciens signés sur les étiquette de Pantis) que camoufle ce plan séquence! Bon visionnement! Laissez un commentaire!



Télé Radio Monde, septembre 1970.

Final segment on the movie Finalement. Thanks to a generous fellow (thanks Stephane!), we now offer you all alternative titles used in the movie. These never made the cut and thus weren't included on the original soundtrack; they were nonetheless already available at the time as singles from various labels (each owned by Pantis, film producer). Leave a comment as you download; this is a rare treat and should be acknowledged as such.


Téléchargez le film (AVI, + de 600mgs) / Download the full length movie (AVI, 600mgs):

Finalement... (1971)

Téléchargez les sélections alternatives / Download extra tracks from the movie:


Finalement... - Sélections Additionnelles

mercredi, juillet 14, 2010




Trois balladodiffusions à télécharger !

Réapprivoisez les trois premières balladodiffusions de Patrimoine PQ, nouvellement éditées à la demande générale sous forme de compilations! Les plus sarcastiques souligneront l'ironie de servir du réchauffé... en pleine canicule. Toutefois, loin de croire que mes commentaires et ceux de mon fidèle coanimateur Gaétan B. étaient dépassés ou devenus superficiels, c'est sous l'impulsion de plusieurs lecteurs que j'ai eu parallèlement envie de donner à ces sélections une seconde vie en misant cette fois-ci essentiellement sur la trame musicale. En tout, c'est plus de deux heures de matériel pour la plupart inédit et rarissime qu'on vous offre. Faites-en la bande originale de vos vacances sur les routes de la province!

Les balladodiffusions demeureront disponible pour l'écoute et vous les retrouverez regroupées sous l'onglet «podcast» (à droite de l'écran). J'en profite pour soliciter à nouveau vos connaissances au sujet de quelques-uns des titres que vous entendrez.

Vous parlez Huron et pouvez traduire les paroles de la «Danse de feu» de Kiowarini? Vous connaissez l'identité de la mystérieuse chanteuse Nadya (voir l'article plus bas)? Vous pouvez décrypter le poétique refrain flangé de «Bonjour John» ? Vous êtes en contact avec Robert LeBlanc ou Alain Lalancette? Vous faisiez partie du duo Jeanne & Madeleine?
Écrivez-nous! Bonne écoute!


Itinéraire 9 vers l'Atlantide - Pop Psyquédélique Québécoise (1966-1972)

01 - Indicatif CJMT (1968)
02 - Rings & Things - Strange things are happening (1968)
03 - Serge Mondor - Il fait noir (1970)

04 - Le District Ouest - Je suis ton copain (1967)

05 - Frederic - Je me souviens (1970)

06 - Valentin - Lumière & Son (1968)
07 - Le Cardan - Jardin d'Ébène (1968)
08 - Jean Lévesque - Comme un brave homme (1970)
09 - Mill Supply - Voyage to Bagdad (1969)
10 - Kiowarini - La danse de Feu Yoskaha (1971)

11 - Kanto - A kind of breakdown (1970)
12 - The Scene - Scenes from another world (1967)
13 - Martin Martin - Imagine (1968)
14 - Jeanne & Madeleine - Pourquoi les enfants (1969)


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Itinéraire 9 vers l'Atlantide -
Pop Psyquédélique Québécoise (1966-1972)


Les Filles d'Aujourd'hui - 40° au dessus du Yéyé (avec titres BONUS)

01 - Indicatif CJAD
02 - Anik de Luk - Les Filles d'Aujourd'hui (1970)

03 - Andrée Cousineau & Michèle Mercure - Kid Sentiment (1967)
04 - Louise Lemire - Emmennes-Moi (1970)
05 - Patsy Gallant - Le lit qui craque (1972)

06 - Guillotine - Hands of Children (1969)
07 - Indicatif CJAD Montréal
08 - Marie-Lou Gauhtier - In the Summertime (1969?)
09 - Eloïse - Je suis Pour (1970)

10 - Lori Zimmerman - 'Cause the world is mine (1971)
11 - Jasmine - Les Millions (1971?)
12 - Anna Bell - Cendrillon (1969)

13 - Marie-Claude - Un peu beaucoup (1968)
14 - Karo - Dans le ventre d'une énorme baleine (1968)
15 - Nadya - Tu es le même (1969)
16 - Myriam Martin - Dansons le Blue Beat
(1966)
17 - BONUS Suzanne Bouchard - La boîte à cadavres (1967)
18 - BONUS Bonnie Dobson - Pendant que (reprise de G. Vigneault, 1969)



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Les Filles d'Aujourd'hui - 40° au dessus du Yéyé

Qui était Nadya, cette mystérieuse chanteuse rescapée? (Télé Radio Monde, janvier 1969)


Mille Soleils au dessus de nous - Pop Orchestrale & Soft-Psychée Québécoise (1967-1976, avec BONUS)

01 - Marthe Fleurant - Publicité «Le Québec sait faire» (1969)
02 - Valjean - Je m'en reviens chez-moi (1968)
03 - Guy Rhéaume - Les yeux de velours (1972)
04 - Serge Blouin - Bonjour John (1967)
05 - Les Alexandrins - Je parle pour parler (1967)
06 - Smokin' Woods - J'ai Péché (1972)
07 - Robert Toupin - La Chine (1974)
08 - Yanick - Laisse-moi donc faire (1972)
09 - Le Blanc & Lalancette - Intro (1971-76)
10 - Le Blanc & Lalancette - Rest with him (1971-76)
11 - Le Blanc & Lalancette - Mister Gun Pt. 1 (1971-76)
12 - Le Blanc & Lalancette - Et nous avons peur / Le soleil au dessus de nous (1971-76)
13 - Karine - La fille du soleil (1974)
14 - Les Maîtres - Une nuit avec toi (1970)
15 - Bruce Huard - Comme le soleil (1970)
16 - Monique Leyrac - Flowers, Perfume, Candy (1967)

17 - BONUS Freedom North - Ordinary Man (1970)

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Mille Soleils au dessus de nous - Pop Orchestrale & Soft-Psychée Québécoise (1967-1976)


For your delight and since you asked for it, our first podcasts can now be enjoyed as compilations! It's the perfect soundtrack for those mad roadtrips ahead. Canned heat for your transistor, dig? Leave a comment as you listen.

samedi, juin 19, 2010



Paul Gauthier & Les Maîtres - Mon père dans une discothèque (RCA Gala CGPS 373, 1969)

Ce dimanche 21 juin, c'est la Fête des Pères. Vous n'alliez tout de même pas oublier votre géniteur, votre paternel, votre daddy-ho!?! Je profiterai donc de cette rare occasion pour célébrer brièvement les joies de la paternité et dédierai le prochain extrait à mon père, René, celui qui a su déteindre efficacement sur ma personnalité depuis 34 ans et avec qui je partage plusieurs passions pour notre passé culturel. Pour toi, papa...

A priori, le nom de Paul Gauthier n'éveillera probablement pas de souvenirs tangibles. Dans les années 60, sa carrière évoluait déjà dans l'ombre de son frère, le célèbre chansonnier Claude Gauthier. L'homme emprunterait néanmoins des avenues similaires à ce dernier. Comédien avant tout, il a joué dans plusieurs longs métrages dont Entre la mer et l'eau douce (avec son frère, Geneviève Bujold et Robert Charlebois) en 1967, puis Red, Deux Femmes en or, Les Mâles et -mon préféré- Parlez-nous d'amour en 1976.



À la fin des années 60, Paul Gauthier caressait toutefois un projet différent: un hommage poétique aux mères et aux pères de ce monde. Deux étiquettes de disque différentes (RCA et Trans-Canada) approuvèrent le concept et commandèrent au comédien deux albums différents: Hommage à une mère (Trans-Canada) ainsi que Pour toi, mon père (RCA). Les deux albums offrent plusieurs témoignages poétisés, dans le style spoken word avec un accompagnement minimal à l'orgue. Certaiement pas de quoi fouetter un chat... Sur l'un comme sur l'autre, le débit de Gauthier est lent, le propos plutôt lourd et l'hommage, somme toutes, mièvre et redondant. Il faudrait toutefois patienter jusqu'à la publication de son hommage paternel pour retrouver le comédien cette fois-ci exalté et joyeusement naïf, prêt à dynamiser son approche. Et comment! En explorant toutes les facettes de la relation père-fils, Gauthier imagine une scène improbable et donnant lieu à tous les excès: Mon père dans une discothèque.

Le Prof Maboul fête son 4e anniversaire (Télé Radio Monde, ocotobre 1970).

En empruntant à outrance un slang hippie qui ne semble même plus de son âge, Gauthier personnifie un fils qui convainc son père de vivre aux rythmes de sa jeunesse et de sa marginalité. Une soirée au bar le Prof Maboul (propriété de Pierre Marcotte et du chanteur Joël Denis) se transforme en un véritable cours en accéléré à propos de l'éphémère génération psychédélique! On discute d'amour, de drogues (beaucoup de drogues), de liberté et d'autres utopies. Totalement dans l'air du temps! Père et fils se rapprochent à mesure que la scène évolue, bien que Gauthier ne soit l'unique (et éreintant) monologuiste de ce titre. L'accompagnement musical catalyse cette rencontre. Il y a de l'électricité dans l'air, littéralement, et pour cause: le groupe Les Maîtres offre deux performances époustoufflantes et inédites en guise de décor sonore!

Les Maîtres, vers 1969.

Avant de se métamorphoser en Morse Code Transmission, Les Maîtres pressèrent trois simples, tous sur RCA. Le groupe était composé de Michel Vallée, Jocelyn Julien, Christian simard et Raymond Roy. Ces deux derniers n'étaient pas de nouveaux venus puisqu'ils avaient aussi auparavant participé au groupe Les Pieds Nicklés. Sur disques, l'ensemble propose une pop-rock énergique et plutôt originale. Sur scène, on imagine que c'était beaucoup plus heavy, moins commercial, et c'est ce son qui fut retenu pour électrifier le discours de Gauthier. Leurs deux titres inédits à leur catalogue officiel sur 45 tours sont chantés en anglais et s'intitulent Everything can be free et Baby Yours. Une seule écoute vous convaincra et vous aussi, comme Gauthier, vous ne pourrez vous empêcher d'y aller de quelques «Wwoowowowowwww». De la dynamite! Rien ne nous prépare à une telle décharge et l'auditeur dévoué verra sa patience récompensée lorsqu'il atteindra la face B de cet album. J'en profite pour remercier les amis Marc Lambert et Satan Bélanger qui m'ont gentiment aiguillé vers cette obscurité, un album en apparence banal qui cache cette exquise perle rare. Bonne écoute! Mon père, toi t'es zoom...


lundi, juin 14, 2010


Journal des Vedettes, 5 septembre 1970.

Jean Fortier - La Dernière entrevue

J'ai récemment découvert ce qui pourrait bien être la dernière et saisissante entrevue qu'accordait le chanteur sur son lit d'hôpital en septembre 1970. Toujours aussi candide et lucide, Fortier se révèle amaigri et partiellement paralysé sur tout le côté gauche de son corps. Le diagnostic demeurait flou (trop de protéines dans le liquide rachydien ). Tragiquement et à son insu, un foudroyant cancer contrecarait déjà toute forme de rémission; les jours étaient comptés... À la première lecture, le fan en moi resta de glace, stoïc devant un tel témoignage. L'entrevue prit alors un détour inattendu. Soucieux d'élucider le mystère de sa soudaine maladie, Fortier trace ainsi un lien avec la consommation récente d'un joint de marijuana différent :

Un soir j'étais chez des gens que je connaissais peu et ils m'ont invité à fumer de la marijuana. Je n'avais pas fumé depuis un an. Je ne sais ce que contenanit cette marijuana, mais j'ai fait un «mauvais voyage». J'en ai d'ailleurs parlé à mes médecins. Jamais je n'avais réagi de cette façon. J'ai été obligé de m'enfermer dans une chambre, chez ces personnes, avec mon épouse. Sans elle, je ne sais ce que je serais devenu. Il est possible qu'à un moment, une obsession ait cause une crise psychique... je ne puis le dire avec certitude, mais c'est bien possible. Dorénavant, bien fini pour moi ces voyages, j'ai eu le mien. Je vous dis cela pour que les jeunes qui liront ce papier pensent avant d'agir. Je ne suis pas un croulant, du moins je le pense, et peut-être qu'ils me croieront. Qu'ils s'imaginent un instant la paralysie sur un lit d'hôpital. Qu'ils regardent mes photos, ils comprendront...

[...] Vivant, aurait-il pu promouvoir et vivre cet album sur scène assez pour le hisser dans les palmarès? J'en reste convaincu. Malgré la maladie, Fortier gardait un moral exemplaire et planifiait déjà son prochain projet: une comédie musicale intitulée
Zoé & Pamplemousse. Il s'agissait d'une satyre de la génération flower-fruit-drugs pour laquelle il entrevoyait déjà la participation d'Yvon Deschamps et Françoise Lemieux dans les rôles principaux. Le projet ne verrait malheureusement jamais le jour et il n'en tient qu'à vous d'imaginer comment cet étonnant spectacle aurait pu se manifester...

J'ai récemment pris la peine d'actualiser de nombreux articles de plusieurs extraits de la presse mondaine Québécoise des années 60. En plus des topos sur Jean Fortier (les simples et l'album éponyme), vous retrouverez dès maintenant quelques images supplémentaires accompagnant les articles à propos de La Belle Amanchure ainsi que de l'album Aimons-nous les uns les autres de Michel Conte. Bonne lecture!

dimanche, juin 13, 2010

Télé Radio Monde, décembre 1969.

Tournées et Nightlife Montréalais (1966-1970)


On a souvent de la difficulté à décrire le nightlife montréalais marginal de la fin des années 60, à en extraire toute la modernité et l'effervescence qui en émanait. La belle époque des boîtes à chanson prenait discrètement fin et celle des cabarets trépassait. Tout aussi «éphémères», les bars psychédéliques, libertins et ou carrément avant-garde défileraient parallèlement à l'effervescence des modes et mentalités. Aussitôt in que c'était out... Le foissonnant ouvrage de Chantal Dumas, Montréal Show Chaud, revisite efficacement le rythme effreiné de l'éveil culturel Québécois d'une perspective montréalaise, une identité nationale aux travers des manifestations des Bozos, Garou & Mouffe, Claude Léveillée, Pauline Julien et toute une trollée d'artistes influents. Riche en photos: Recommandé! Dumas néglige pourtant de souligner les manifestations yéyé ou psychédéliques (pensez aux Love-In des Sinners). L'héritage des bars underground, par exemple, demeure négligeable, mais est pourtant intrinsèque à «la vie d'orchestre»...

Aux cours des prochains mois, je vous proposerai plusieurs extraits numérisés de la presse à potins Québécoise de la fin des années 60. Photo Journal, Echos-Vedettes, Photo-Vedettes, Nouvelles Illustrées, Photo-Police, Journal des Vedettes, Le Nouveau Samedi et autres Télé Radio Monde seront ainsi scrutés à la loupe. Pour les complétistes, notez que la date et le titre de chaque publication est inscrit dans le nom de chaque image. Place aux éphémères!


Suparchipelargo de Charlebois et son esthétisme bédéèsque psychédélique (Echos Vedettes, octobre 1969).

The Ladybirds est un groupe américain de cinq musiciennes qui avait tout un gimmick: les membres jouaient sur scène, seins nus. Elles n'enregistrèrent qu'un seul, excellent et rare 45 tours northern soul vers 1966, (Handsome Boy / Yes I Know , disponible sur iTunes) mais les filles se produisaient déjà dès le début de la décennie et continueraient jusqu'à la prochaine. Elles feraient une brève apparition dans le film de sexploitation de 1968 The Wild, Wild World of Jayne Mansfield et seraient aussi bouquées, la même année, au célèbre bar Chez Paree de Montréal.






Le nightlife montréalais, du Boulevard Saint-Michel à Notre-Dame (Photo-Police; décembre 1969)


Deux mondes se cottoient au Forum à l'occasion de la Saint-Jean-Baptiste (Nouvelles Illustrées, juin 1969).

Si le groupe montréalais Life vous est inconnu, je ne saurais trop vous recommander l'article de l'ultime blog Garage Hangover (leurs sélections Québécoises valent le détour) à propos de leur simples de 1969 pour l'étiquette Polydor. Je vous proposerai bientôt un survol de leur unique album; en attendant, écoutez leur premier simple.







Starovan (commandité par la radio de CJMS) et Musicorama étaient de folles entreprises où quelques dizaines d'artistes partageaient la scène le temps d'une brève mais intense tournée en province ou dans la région montréalaise. Un feu roulant de performances alors que les groupes et chanteurs alternaient leurs courtes prestations (20 minutes environ), le temps de jouer leur plus récent simple, avant de céder la place à un autre, puis un autre... Véritables panoramas des vedettes montantes de la pop Québécoise, la formule éreintante avait tout de même un sacré ratio (1 spectacle, 10 à 20 artistes différents) et permettait de saisir en une soirée LA pop du moment. Tous les éléments y étaient réunis! Aujourd'hui, on préfère les festivals aux interminables tournées, regroupant des dizaines d'artistes dans un programme condensé de quelques jours (Osheaga, Francofolies). Cette diffusion, pour la plupart du temps montréalocentriste, ne pourrait-elle pas reprendre la route, question que tout le Québec en profite? Les récents spectacles ittinérants Tous les garçons et Toutes les filles en sont de bons exemples. Il y avait aussi cette imposante tournée de nombreux groupes métal Québécois qu'il faudrait louanger, mais... j'ai oublié le nom.



Starovan de novembre et décembre 1969 (Photos-Vedettes; Échos-Vedettes)


Starovan d'octobre 1968 [g] et novembre 1967 [d] (Le Nouveau Samedi; Journal des Vedettes)

La vague déferlante des groupes yéyé puis psychédéliques entraina une surabondance de prospects entre 1964 et 1969. Qui deviendrait le it-thing des palmarès de la semaine prochaine? Quel nouveau venu nous ferait oublier tous les autres? Voici quelques prétendants sans lendemain qui n'existèrent que le temps d'une photo discrètement cadrée dans les journaux à potins. Saurez-vous nous en apprendre plus à leur sujet? Écrivez-nous!


Les Gladstone [g], avec un jeune Pierre Flynn (Photos-Vedettes, octobre 1970) et les Satanicks [d] (Télé Journal, juin 1969)



Si Les Smacks ne furent probablement qu'un feu de paille, qu'en est-il des GAP qui avaient un contrat avec les Disques Jupiter?
Et que dire de cette mystérieuse Roseline? Quelqu'un la connait?



Rare press clips of Montreal's nightlife between 1966 and 1970, scanned in high definition, taken from numerous gossip newspapers from my personal collection, with more to come in the next months. Check out the lineups on those Starovan tours! If you know anything about these last four bands (Gladstones, The GAP, Les Smacks, Les Satanicks), write to us.


dimanche, mai 30, 2010

The Echo Men - Elephant Rage (1963; PLAZA PL-3307)











Il y a de ces critères qui peuvent instinctivement guider vos doigts lorsque vous vous épuisez à passer en revue tous les caissons d'un disquaire. En dehors de la préférence musicale, de la rareté ou de l'obscurantisme d'un album, ce qui interpèle le collectionneur aventureux dépasse bien souvent les références quantitatives. Il en vient rapidement à développer son propre corpus, certains misant sur les productions de tel arrangeur voire ingénieur de son (coupable!), d'autres sur les graphistes responsables des pochettes ou tout simplement sur des artistes issus de sa propre région natale. Chacun son bag! Pour ma part, j'ai développé plusieurs réflexes, mais j'avoue que j'ai un faible pour les témoignages de montréalité, ceux qui me situe à un moment et un carrefour précis de la métropole. J'accroche immédiatement sur des prestations live méconnues ou le design d'une pochette illustrant une rue, une attraction (Willie Dickson & the Playboys), une sculpture (Les Silouhettes), une salle disparue (Les Beau-Marks au Cabaret Le Coq D'Or; Au Cochon Borgne) ou une vue privilégiée de la ville (Nick Ayoub Quintet The Montreal Scene). Je ne sais trop; il y a toujours quelque chose qui me dit que ça bourdonnera -comme la ville!- à l'écoute...






En plus de confirmer la provenance d'un obscure artiste ou de laisser un témoignage d'un happening éphémère, cette topographie sonore alimente et colore la représentation que nous nous faisons de telle époque alors que nous scrutons les moindres détails d'une pochette. Prenez celle de... Elephant Rage. Cette photo devant le pont Jacques-Cartier, c'est tout ce qu'on a comme trace visuelle des Echo Men, ce mystérieux quintette majoritairement instrumental de la région montréalaise. Est-ce une vue de Saint-Lambert sur Montréal ou une prise de Hochelaga en direction de la rive sud? Ça, je vous laisse en débattre...



Le groupe prend forme au début des années 60 lorsqu'un jeune guitariste du nom de Pierre Dubé, nouvellement établi dans le quartier Saint-Henri, fait la connaissance de René Lepage, lui aussi musicien. Dubé avait fait auparavant partie d'un tandem comique, jouant de la guitare aux côté de André Herbert, alors qu'il n'était âgé que... de 14 ans! Avec Lepage, ils entretenirent une passion commune pour les instruments, créant de toutes pièces certaines de leurs propres guitares et basses. L'achat d'une console de réverbération Echolette inspira le nom de leur groupe: The Echo Men. On eut tôt fait de recruter d'autres membres, aux tâches et présences fluctuantes. En effet, Lepage ou Dubé pouvait alterner entre les rôles de guitaristes, bassistes, batteur ou organiste dans la brève incarnation du groupe. À preuve, la pochette de Elephant Rage montre Dubé à la basse, René Lepage à la batterie et Claude Landry comme guitariste. Les saxophonistes demeurent, pour l'instant, inconnus... 


Le quintet signerait bientôt un contrat avec Champagne Records et publierait ainsi un premier simple avec le chanteur Pierre Latour sur étiquette Idéal, une division des disques Plaza. Le 45 tours regroupait une composition de Latour (Petit Michel ) et une adaptation de la chanson de Clarence «Frogman» Henry (I don't know why I love you but I do) rebaptisée Je ne sais pas en face B. Cette production n'est pas des plus réussie, mais propose néanmoins un dynamique couplage de saxophone et de trompette. Petit Michel est un slow primitif avec passage parlé obligé. Le pressage original semble avoir scellé le sort de cette face A; en effet, le résultat est plus qu'ondulatoire (warped comme on dit). On est loin de l'effervescence pour laquelle le groupe était reconnu...



Le groupe enregistrerait ensuite à la hâte son unique album pour Plaza. Leur frat rock rudimentaire ne devrait répondre qu'à une seule question: est-ce que ça déménage? La réponse est oui, bien entendu, et à un maigrelet 22m30s, les disques Plaza tout comme les Echo-Men démontraient parallèlement qu'ils n'avaient pas de temps à perdre... Il entreprendrait alors une tournée intensive des cabarets de la région montréalaise et mériterait bientôt un passage à la cultissime émission Jeunesse d'Aujourd'hui.

Le frat rock meuble alors les ambiances des maltshops de la Rive Sud, des salles de danses de Saint-Hyancinthe et des cabarets de la rue Crescent, sans se limiter aux campus étudiants. Le style se situe à la croisée du surf, du rock n' roll, du twist et du r&b pur et dur, le plus souvent livré à coups de saxophones tonitruants et de détours obligatoires (on ne compte plus les adaptations de Wipe Out ou de Raunchy). Il y a aussi un élément impudique voire lascif qui émane de la présence régulière de saxophones; ainsi jumelés à un groupe généralement plus tight, ils nous réservent normalement de vibrants solos qui ajoutent à l'ambiance débridée d'une perfomance live. Le style n'invite-t'il essentiellement pas au party après tout? Sur 33 tours, des groupes Québécois comme The Corvets (Dance Party; Rusticana RMM628), The Cruisers (Pour danser; Carnaval C459), The Rockets (Going to a dance party; ABC A3) ou The Midgets (Rhythm and motion; Plaza PL3306) offrent aussi de solides performances et bénéficient généralement de meilleures productions pour la même époque. Recommandés... même si les Midgets sont un peu straights, avouons-le.

The Echo-Men font comme leur compères et optent majoritairement pour des reprises de groupes américains et anglais, évoluant aux travers du registre des Champs (
El Rancho Rock ), The Shadows (l'effreinée I feel so good ), The Surfaris (Wipe Out ), Duane Eddy (l'indispensable Rebel Rouser ) ou Bill Doggett (Honky Tonk ). Du lot, seuls deux titres furent composés par le groupe-même: un slow rock suave, Reina, et la chanson donnant son titre à l'album, Elephant Rage. Ces deux titres originaux furent d'ailleurs compilés en 2003 sur l'exaustive série bootleg Original Early Canadian Rockers de l'étiquette des Pays-Bas Collectors Records. Elephant Rage ouvre avec fracas sur les barrissements du saxophone, mimant celui du pachyderme prêt à vous défier! On en prendrait plus de ces folies guturales, mais le rythme nerveux et un bon lead vous font rapidement oublier ce détail et déjà, vous caressez l'envie de danser... Twist her, originellement du Bill Black Combo, offre à nouveau un bon solo et une présence plus affirmée des saxophones. C'est aussi le seul titre à bénéficier d'un accompagnement au piano. L'ambiance se réchauffe d'un cran grâce à leur version de Wipe Out. Notez le tabouret du batteur qui craque à chaque mesure qui déferle sur les toms. Si I feel so good crinque le volume, l'effet à tôt fait d'être complété par l'énergique Hot Pastrami & Mashed Potatoes qui, avec l'originale Reina, se distinguent en étant les seuls titres avec pistes vocales. On aurait bien pris un troisième assiettée de ce plat maison. Plus loin, Honky Tonk laisse entrevoir un guitariste par moments entremêlé dans ses solos et plus j'y réfléchissais, plus je me rappelais ce qui m'avait charmé en découvrant le rock garage il y a plusieurs années. Le frat rock n'avait pas encore épuisé ses ressources qu'en donnant naissance à la vague garage de 1964-1968, il lui insufflerait bien quelques notions de base:

1) Ça ne doit pas être trop propre, ni poli.

2) Sacrifie la seconde prise au profit de l'énergie brute de la l'unique première.

3) Tout le talent du monde ne remplacera pas l'honêteté que tu démontrera sur scène.

4) Si tes parents détestent ce que tu fais, continue, t'es sur la bonne voie...


Par delà The Echo Men...

Les Gitans, 1964 (Pierre Dubé est dans le coin inférieur gauche).

Dubé développerait parallèlement de multiples talents en tant que sessionman pour les studios StéréoSounds et RCA en plus de jouer et chanter sur les enregistrements d'autres artistes représentés par Champagne. Il cumula aussi les postes au sein de ces entreprises, passant notamment de graphiste de pochette à celui d'ingénieur de son (une passion dont il ne se lasserait jamais). Une rencontre avec l'animateur de CJMS, chanteur et futur arrangeur Gilles Brown en 1965 l'amènera à quitter son groupe pour en rejoindre un autre: Les Gitans. Ce quatuor était composé du frère de Gilles, Robert Brown à la batterie, de Dubé à la basse et de deux autres musiciens que je tarde toujours à identifier. On ne répertorie qu'un unique simple sur Laniel, Ne t'en vas pas / À quoi bon pleurer, deux reprises respectivement de Sonny & Cher et Aaron Neville. Une entrevue avec Janice Dubé (épouse du guitariste) souligne que Les Gitans auraient pressé trois simples en tout, avec des compositions originales, mais cette révélation n'a toujours pu être confirmée... À quoi bon pleurer est entre temps disponible sur le Volume 16 de la série Les Introuvables, publiée chez les Disques Mérite.
 



Ce nouveau groupe remporterait assez de succès pour être remarqué par des promoteurs américains qui les invitèrent à rejoindre une tournée des États-Unis et du Canada en compagnie d'une pléiade de jeunes talents: Joey Dee (Peppermint Twist ), The Rivieras (California Sun ), The Rebels et surtout Bobby Day, alors connu pour son tube Rockin' Robin. On jugea rapidement que le nom du groupe ne passerait pas auprès du public anglophone et on prit la décision de rebaptiser Les Gitans sous le sobriquet The Chads. Le groupe de Bobby Day déclara soudainement forfait et on proposa in extremis à The Chads d'accompagner le chanteur. Alors que la tournée prenait fin, cette collaboration passagère devait néanmoins se poursuivre: The Chads signerait un contrat avec RCA et accompagnerait dorénavant le chanteur sous le nom de Bobby Day & the Midnighters. Une partie du groupe assista même aux sessions d'enregistrement voisines de James Brown et Dubé, à la demande du bassiste du groupe, se joignit même aux musiciens le temps d'un jam! On leur commanda bientôt un album sur lequel ils planchèrent six mois avant que le tout n'avorte. Malgré une chimie évidente sur scène, le public demeura apparemment timide devant les performances d'un groupe de quatre jeunes blancs-becs dirigé par un chanteur Noir. Curieusement, un spectacle dans «le nord du Québec» (Abitibi-Témiscamingue?) aurait même été annulé lorsque le groupe se serait présenté sur place, devants des promoteurs stoics à l'idée d'embaucher un groupe «mixte». Bien avant que ne soient populaires les groupes Love, Jimi Hendrix Experience ou Taj Mahal, l'idée d'un groupe mixte semblait trop avantgardiste. Autres temps, autres moeurs... Ce manque d'engouement incita malheurement les membres du groupe (sauf Dubé) à retourner au Québec; ainsi, leur album, tragiquement, ne fut jamais complété.
Bobby Day & the Midnighters (Dubé est en haut, à droite)

Après quelques temps passés à New York en compagnie de Day, Dubé revint au pays. Il
dirigerait bientôt l'orchestre de Ginette Reno, en plus d'embaucher Claude Landry, ex-Echo Men, en tant que guitariste. Il rejoindrait ensuite momentannément le trio country Les Cavaliers de l'Est, avant de déclarer forfait. Il quitta le Québec en 1969 pour s'établir à Williams Lake en Colombie-Britannique où il entreprit une nouvelle carrière de peintre industriel en plus de jouer sporadiquement dans le cover band Mathias. Landry roulerait sa bosse professionnellement jusqu'aux années 80, enregistrant même au passage le hit Erreur Érotique avec son groupe New Wave Le Fric. Fans de Kaméléon, prenez note!

Je tiens à remercier Robert Thérien ainsi que Guillaume Éthier (Plaza Musique) pour leurs contributions des plus éclairantes. L'entrevue de 2001 avec Janice Dubé (veuve de Pierre Dubé) explique bon nombre de détails quant à la carrière des Echo Men et de Pierre Dubé, mais comporte aussi son lot d'incongruités. Elle demeure fascinante, toutefois il faut savoir en prendre et parfois en laisser... Le texte intégral peut être lu sur le site du défunt webzine Cosmic Debris. Un second article sur Spectro Pop à propos de la rencontre entre Bobby Day et The Chads / Les Gitans est aussi d'intérêt.
Bonne écoute et danse!





Rare instrumental album from this Montreal-based frat rock quintet. Mixed with standard covers of the era (Wipe Out, Twist Her, Rebel Rouser ), you also find a few originals on their sole LP. Those two instrumentals were also comped on an extensive bootleg serie titled Original Early Canadian Rockers (on the Dutch Collector Records label ). Slow rock Reina may be too mellow for your taste, but the opening title, Elephant Rage, is definetly a keeper. They squeal, they rock! The fascinating story of EchoMen founder, Pierre Dubé, was the subject of an interview for the defunct Cosmic Debris magazine. The Echo Men was just the tip of the iceberg for this multi-talented musician. Leave a comment as you listen!