dimanche, mars 16, 2008












Courrier des lecteurs


Depuis la publication sur ce blog de leur album éponyme, plusieurs ont répondu à l'invitation de Richard Patry (batteur de Claire Lepage & Compagnie), souhaitant correspondre avec le musicien. Comme Richard ne nous a pas laissé son courriel, je vous invite à laisser, ici, votre commentaire. Voici un aperçu de l'imposant curriculum de ce dernier:

Bonjour. Étant donné que je faisais partie de cette formation j'ai beaucoup apprécié de tomber sur ceci par hasard. Que de bons souvenirs de ces bonnes années. Même si notre son ne se compare pas à ce qui se fait aujourd'hui, nous avions je crois contribué de notre mieux à ce que je pourrais appeler la révolution du son Québécois du début des années 70. Ce serais amusant de revoir mes anciens copains si jamais c'était possible. J'en étais à mes débuts comme batteur sur la scène du Québec et par la suite je fis partie de beaucoup d'autres formations. J'ai eu le plaisir de travailler avec Donald Lautrec, Pierre Létourneau, Pauline Julien, Gilles Valiquette, Ovila Blais, le groupe Le Pouls sans compter les innombrables sessions d'enregistrements desquelles j'ai perdu trace. Déjà 38 ans de passés, incroyable comment on vieillit vite ;-) Si quelqu'un avait des questions il me ferait plaisir de vous répondre. Richard Patry, ex-batteur de Claire Lepage et Cie

Sur un ton toujours aussi jovial, Réal V. Benoît nous rendit visite récemment en réponse au 45 tours du groupe Octopus (celui-là même qui l'avait accompagné sur son second album, Revoilà Réal V. Benoit). Il nous confia cette charmante anecdocte:

Bonjour S.ébastien. Je suis un peu surpris par ta question. J'amais je n'aurais cru ré-entendre parler d'OCTOPUS. Oui j'ai connu le Groupe Octopus. Mais seulement lors de l'enregistrement de mon deuxième album intitulé Re-Voilà Réal V. Benoit, mieux connu sous l'appellation le $5 piasses. J'ai aussi jouer de la musique avec eux une seule fois, dans un Pub à St-Jérome je crois il y a de celà bien des années. Les seuls souvenirs que j'ai d'eux c'est que c'était des musiciens qui m'impressionnaient moi le petit chansonnier timide de l'abitibi qui n'avait jamais jourer avec personne. Me retrouver en studio avec eux dépassait l'entendement. La seul chose qui me vient à la mémoire et dont je me rapelle parce que jamais je n'en avait entendu parlé avant, moi le clean petit gars à sa maman qui vivait tranquillement une vie rangée, loin de tout les mauvais penchant de la jeunesse de l'époque. J'était litérallement tombé sur le cul en les voyant m'offrir des muffins au POT. Hostie, je n'en croyais pas mes oreilles [...] Sincèrement. Réal V. Benoit

Merci de ces témoignages, messieurs. Ils calfeutreront bien, pouce par pouce et à leur manière, les fissures de la mémoire Québécoise... Contactez ces artistes en laissant votre commentaire.

vendredi, mars 07, 2008

Artistes Variés - B. O. Demain matin Montréal m'attend (1970; Disques Belles-Soeurs BS-A-1)








La comédie musicale Demain matin, Montréal m'attend s'élabora entre son spectacle original et la publication de sa trame sonore en 1970 et l'adaptation en "version complète" pour le théâtre Maisonneuve, le 16 mars 1972. Michel Tremblay signe tous les textes en plus d'assurer la production de l'album aux côtés de François Dompierre. Les arrangements originaux (l'édition de 1995 comprend d'autres titres que l'auteur n'a pu analyser) soulignent à nouveau l'efervescence créatrice de ce dernier sur ses productions au tournant de la décennie. L'histoire racontant les déboires d'une serveuse souhaitant quitter son village (Saint-Martin) pour trouver la gloire sur les planches de Montréal est bien encrée dans la mémoire pop des Québécois. Ce spectacle avait pour l'occasion réuni des comédiens qui brillaient par la finesse de leur joual urbain: Denise Filiatraut (Lola Lee), Louise Forestier (Louise Tétrault), Denise Proulx (Betty Bird), André Montmorency (Marcel-Gérard) et Claude Gai (Duchesse de Langeais) pour ne nommer que ceux-là*. Le simple de la chanson-thème, chantée par Forestier, devint progressivement un succès intemporel et encore aujourd'hui nombreux sont ceux qui pourront vous entoner les premières notes. Qu'en est-il du reste de l'album?

Aucune information n'a pu être retracée au sujet des musiciens entendus sur le long jeu, mais puisque Dompierre produisait simultanément la B.O. de Ixe-13 ainsi que les albums de Yvon Hubert, nous sommes tentés de croire qu'il sagirait des mêmes. À la manière des titres publiés sur l'étiquette de ce dernier -Cogito-, l'album offre en effet une pop suffisament complexe, à l'orchestration ecclectique évoluant avec aise au travers de nombreux styles musicaux (burlesque, ballade, samba, rock nerveux). Tout en subtilités, la tendre complainte Merci Lucille révèle une Forestier parfaitement castée, ses longues notes brutes accentuant petit à petit l'effet dramatique du refrain. La vache d'argent adopte une démarche plus groovy: une mélodie toute simple intensifiée à la flûte, entrecoupée de brèves répliques par Les boys et le personnage de Butch. La même mélodie sera réutilisée sur un ton plus glauque pour Du premier au dernier où le personnage de Filiatrault prévient sa soeur des risques du métier (Du premier au dernier; Du plus blond au plus noir; Plus qu'y sont beaux, Louise, oui! Plus qui'y sont beaux, plus qu'y faut que tu t'en méfies!). La face B s'amorce sur un garage n' roll déjanté induisant une frénésie primitive: Bitch.

On passe le plus clair de not'temps à nous engueuler;
On s'aime, on s'hait, on s'adore, on est toutes mêlées!
C'est pas des pierres qu'on se garroche, c'est des pavés qu'on se pitche.
Mais c'est bon pour notre publicité pis c'est pour ça qu'on est...
Bitch!
Bitch! Bitch! Bitch! Bitch! Bitch! Bitch!

Connaissez-vous Betty Bird joualise le style du groupe Les Parisiennes et offre de bons moments pop aux premières notes de sitar (2:30). Après la burlesque Hello Baby How are you? et la touchante Betty Bird lied (chantée par Denise Proulx), Dompierre sort de ses gonds et dégaine La complainte de Lola Lee. Le fulgurant bassiste du Jour du Seigneur serait-il de retour? Filiatrault performe à fleur de peau sans jamais perdre le souffle sur ce rock grandiose (Là, y faut que tu penses au lendemain. Il faut que tu guettes tes arrières. Pis si t'en vois une descendre d'un train, tu l'écrases pis tu la renvoyes chez sa mère!), intense voir viscieux. Le spectacle se terminera avec éclat sur Le Brésil brille, une charmante samba entonnée par toute la distribution. Dompierre démontre à nouveau son talent pour actualiser le ton des musicals, léguant un album pop qui se bonifie à chaque écoute. Une surprise... comme on les aime! Merci à Francis H. pour les photos puisées dans l'édition originale de la pièce.

* La distribution comptait aussi dans ses rangs Louisette Dussault, Jean-Pierre Cartier, Véronique LeFlaguais, André Cartier, Monique Belisle, André Bernier, Odette Gagnon, Jean Archambault, Christine Olivier, Jean-Guy Viau, Diane Arcand, Jean-Claude Sawyer, Suzelle Colette, Armand Labelle, Marcelle Pallascio, Marc Hébert, France Berger, Normand Morin, Carole Lord et Jean-Pierre Piché (Les Girls / Les Boys). Costumes de François Barbeau. Pochette/Éclairages de Mousseau.




Téléchargez l'album complet / Download the complete album:
Artistes Variés - B. O. Demain matin Montréal m'attend (1970; Disques Belles-Soeurs BS-A-1)

lundi, mars 03, 2008

Pax Hominis - Ça tourne / Martin Luther King
(
1969? ; Astra AS-45307)

J'avait prévu publier ce simple en février pour souligner le Mois de l'Histoire des Noirs; mieux vaut tard que jamais... Le groupe Pax Hominis (La Paix de l'Homme) ne publia que deux 45 tours sur étiquette AstroPop (plus tard Astra), les deux proposant la même face A. Leur seconde face B rendait hommage au récent départ de Martin Luther King tandis que la première misait plutôt sur Pays de larmes (Astro-Pop 1402). Produit par Maurice Baril, le groupe aurait certainement pu compter parmi ses membres Pierre Lamothe et Ruben Reece (auteurs des deux titres). Aucune information n'a pu être recensée au sujet de ces individus si ce n'est qu'un certain Pierre Lamothe oeuvre depuis plus de 40 ans dans ce qu'il convenu d'appeler le langage tonal , alliant science et musique (lisez la section "Messages" pour un survol de ses complexes théories). Serait-ce le même?

À en juger par la production cristaline de Ça tourne (un titre pop-rock hyper-accrocheur avec un batteur juste assez nerveux), je m'avancerai à dater ce simple autour de 1968-69. Le duo vocal homme/femme ainsi que l'entrain général du refrain s'apparentent d'ailleurs au son du groupe l'Albatros (Le Vieux Piano , par exemple, malheureusement omis de la récente réédition du groupe). La nuit tombe sur Martin Luther King et l'enveloppe de délicats arrangements psychés (orgue, flute, clavecin électrique, choeurs planants). La cadence ralentie pour révéler une prose en deuil, sobre dans son propos.

Un jour que le soleil ne regardait pas
Un homme blanc est venu le tuer

Peut-être pleureras-tu: un homme vient de mourir

Peut-être oublieras-tu: son visage était noir.


Toutes informations supplémentaires au sujet de ce mystérieux groupe ou de l'étiquette Astro-Pop seront les bienvenues. Aidez-nous à faire la lumière sur cet intriguant 45 tours!


Pax Hominis (Peace for the man) only published two singles, both with the same A-side; here's their second offering (on the Astro-Pop label, later Astra), including the later B-side tribute to Martin Luther King. Judging by the production, this could very well be a 1969 release. Ça tourne (Rolling) is a catchy pop-rock recalling the sound of another period band, L'Albatros (try "Le vieux piano", omited from their recent reissue). The B-side is a darker and moodier pop-psych number recalling the recent loss of the Civil Rights leader. Seriously guys, I never get any english comment and I'd love to have your impressions. If you enjoy/hate these obscure titles, please write back.


Téléchargez ce simple / Download this single:

Pax Hominis - Ça tourne / Martin Luther King (1969? ; Astra AS-45307)

vendredi, février 29, 2008






Demande spéciale / By request

Normand Gélinas - Le chat de l'arc-en-ciel

(
1971; Trans-Canada TC 773)

Entre les premiers hits mineurs de 1969 où le jeune chanteur ne proposait que des reprises (Lili la puce) et des airs de Chanson (Sais-tu bien où s'en va ta vie?) le vieillissant précocement et cet album, le véritable Normand Gélinas se réinvente dans sa chrysalide. À son éveil, son assurance est telle que pour son second album, il choisira de produire un conte... lysergique. Les "arrangements musicaux" (signés Gélinas) sont réduits à leur plus simple expression atmosphérique (éclats de flûte, effets de ruban, bruitage) et ponctuent trop rarement la narration. Cette prose surréaliste semble puiser par moments à travers les images créées par Lewis Caroll. Tout comme chez Alice toutefois plus naïvement, le récit opte pour un débit oscillant entre des périodes de lente fascination où Gélinas sussure diverses références psychédéliques (récurence du champignon magique) et de soudains crescendos intensifiant le propos ou cet invraisemblable trip (éclats de rire, bruitage, sensation de panique ) comme le promet la pochette arrière.

Enh Onh Enh Ohn
Enh Onh EnhOnhEnhOnhEnhOnhEnhOnhEnhOnhEnhOnh!
Attention! Attention! Attention aux radiations! Mettez vos verres solaires.
Un(1) Deux(2) Trois(3) Attention! Attention! Respirez beaucoup d'air!
Respirez beaucoup d'air. Beaucoup d'air! De l'air! Respirez!
Respirez!
Respirez!Respirez!Respirez!Respirez!Respirez!Respirez!Respirez!Respirez!Respirez!
[effet de ruban; flute]

Il vien de naître! Entracte.

Personne ne parle. Aucune réaction.
Nous commençons à sentir les premiers effets du champignon magique.

Personne ne bouge.

Tout le monde attend le début du deuxième acte.

Le Président le Persan Bleu assiste aux rangs des invités d'honneur.
Il est accompagné de sa maîtresse, la Princesse métisse Sia-Angora.

(...) Je suis un chat mais j'ai l'impression qu'au fûr et à mesure que se déroule le spectacle, je m'identifie au champignon.
Je deviens le champignon! Est-ce la fin de mon orientation?
(Premier Voyage, 12:44)

La cadence des impressions poétiques du narrateur s'intensifie tout au long du second voyage alors que celui-ci tente de décrire le spectacle qui s'offre à ses yeux vitreux. On jongle d'un état d'âme à un autre: on s'émerveille d'abord pour aussitôt réciter une comptine sur fond de chant simple suivi immédiatement d'un déambule au travers des chats qui tirent aux cartes et jouent du tambour... Ceci n'est pas sans rappeler la frénésie émanant du poême bruitiste de 1916, L'Amiral cherche une maison à louer (Huelsenbeck, Janco, Tzara). L'Esthétique hippie n'est-elle pas après tout héritière du mouvement Dada? Les délires qui suivent, confus dans l'éther, vous mystifieront pour ensuite vous laisser pantois. Il y a bien sûr cette fascination efreinée pour un champignon/pomme où le narrateur devient -au zénith de son trip- son propre sujet pour ensuite conclure qu'il n'est qu'un chat atomique... Alors que les psychotropes se mutent en se dissipant, les images, toutes étincelantes, se répètent et se fusionnent alors que Gélinas en tire une conclusion d'une logique qui lui est propre. Après cet Opéra Magique des Champignons, demandez-vous qui est le plus confus des deux: l'auditeur ou le narrateur?

Toujours conteur, Normand Gélinas dirige aussi de nos jours le Festival de Musique Rétro de Saint-Hyacinthe et réalise des revues musicales telles Sh...Boom
Sh...Boom (avec Pierre Perpall) ou Maximum 80's. Malgré son horaire chargé, peut-être trouvera-t'il le temps de nous entretenir à propos de son album. Une musicographie (Musimax) s'était déjà penché sur la carrière du chanteur, mais avait évité discrètement de s'attarder trop longtemps sur ce titre obscure au catalogue du chanteur en le résumant sobrement comme le fruit de sa prériode trouble. Cédons ainsi la parole à Normand Gélinas...
( contactez-nous )

Tais-toi, petite conscience! Tais-toi; je ne veux rien savoir!
Je suis le chat de l'arc-en-ciel! Je suis le chat de l'arc-en-ciel!

Il n'y a pas de chat sur le disque.

Il n'y a qu'un[sic] aiguille sans chat.



After a couple of minor hits (mostly reprises) in 1969, young Normand Gélinas proposed something completely different for his second album, Le Chat de l'Arc-en-ciel (The cat from the rainbow). No music here, simply the most way-out spoken word album to come out from La Bell Province. Supposedly recorded under the influence (mentionned once in a short bio on MusiMax channel), the LP offers 2 "trips" where Gelinas "along with astro-cats and atomic cats witness the birth of a mushroom and meet President Persan Bleu". It does have some tape effects, flute and strange noises but one can only wonder how this concept could have sounded should it been given a greater production...


Téléchargez l'album complet / Donwload the full album:

Normand Gélinas - Le chat de l'arc-en-ciel (1971; Trans-Canada TC 773)

mercredi, février 13, 2008








Demande Spéciale / By request

Vos Voisins - Bande Originale du film Le Martien de Noël
(1971; Polydor Medium 2917 003)

Alors que l'ensemble de la musique incidentielle composée pour le long-métrage Le Martien de Noël soit l'oeuvre de Jacques Perron (Le Quatuor de Jazz Libre du Québec), c'est au groupe Vos Voisins qu'on confiera la tâche d'en imaginer les thèmes. Ce film de Bernard Gosselin mettait en vedette Marcel Sabourin qui personnifiait un extra-terrestre aterrissant dans le village de Sainte-Mélanie la veille de Noël. La presque totalité de la bande originale repose sur les dialogues du film (interprétations souvent peu convaincantes); une pièce récompenserait pourtant l'auditeur patient à la fin de chaque face. Toutes deux sans titre, nous nous réfèrerons donc à ces pièces par les titres provisoires La soucoupe volante (face A) et Le Martien de Noël (face B).

La soucoupe volante adopte une charmante pop-psychée et raconte notre ascension à bord de l'engin (J'ai parcouru la planète, visité la stratosphère, survolé ma maisonnette avec le p'tit bonhomme vert). Le Martien de Noël, une balalde pop suffisamment éthérée, est une carte postale adressée au Martien (Nous nous souviendrons toujours de toi quand viendra le soir, nous attendrons ton retour, chaque étoile est notre espoir). J'incluerai aussi un court extrait de la bande originale où les villageois traquent le Martien; vous y entendrez aussi en sourdine La soucoupe volante avec des la-la-las en guise de refrain.

Two songs from the score for the 1971 movie Le Martien de Noël (A Martian for Christmas) were penned by prog-rock band
Vos Voisins. The rest of this OST (sounds effects, incidental music) was the work of Jacques Perron (Le Quatuor de Jazz Libre du Québec). La Soucoupe Volante (The flying saucer) has a nice pop-psych vibe to it while Le Martien de Noël (A Martian for Christmas) is a moody soft-pop number.

Téléchargez ces deux contributions / Download these two cuts:

Vos Voisins - Bande Originale du film Le Martien de Noël (1971; Polydor Medium 2917 003)

dimanche, février 03, 2008









La bande à Benny - La bande à Benny (1975; Multi-Pop MP-2)

Produite par Denis S. Pantis et Louis Parizeau (Les Sinners, La Révolution Française), La Bande à Benny comptait dans ses rangs Pierre Benny Gervais (voix, guitare, piano), Robert Doyon (voix, basse, percussions), André Gervais (voix, guitare) et Richard Vachon (batterie). Gervais (serait-ce ce même pilote automobile?) signe tous les titres en adoptant un style funky qui colle comme du bubblegum. À première écoute, l'album n'est pas sans rappeler la naïveté qui émanait des numéros de variétés télévisés des 70's (Les Osmonds, par exemple). Pourtant, leur talent les décrasse rapidement de cette étiquette qui leur serait réductrice. Puis, quelques heures après écoute, ça vous frappe: ces ballades glam n' roll bien ficelées, ces voix à peine muées, ces refrains à l'accroche-coeur qui ne vous quittent plus [...] Benny vous a sous son charme!

La frivolité des textes s'installe sur fond de wha-wha alors que Samedi Soir (On s'trouve toujours quelque chose à faire; on a envie de prendre l'air; on fait le tour du monde avec les plus belles filles pour faire voler du monde qui a les yeux qui brillent) nous met immédiatement dans une ambiance cajoleuse de fête. Parallèlement, la drague s'intensifiera sur des titres comme Funny Girl, l'Enjoleuse (les constats professionnels d'une effeuileuse) ou bien Sexy Baby. En bon anglophile des planchers de danse, la Bande à Benny ponctuera de quelques accents saxons sa pop bonbon,
parfois jusqu'à l'excès comme sur Sexy Baby (Oh oui ma baby, baby, baby, baby, baby, sexy baby; baby, j'aurais voulu; sexy baby, j'aurais aimé te connaître et te voir naître; le grand amour, oh oui ma baby, baby, baby, baby, baby, sexy baby). Ailleurs, le kitsch slow-rock Ça m'arrive d'aimer réussi malgré tout à faire mouche par un hook efficace. On voudra ensuite ranger les chaises pour se trémousser sur Super Lady, La bande à Benny (le récit de l'exode up-beat de Benny) ou Un choc. Somme toutes, La bande à Benny livre un unique album pop à la production efficace, une pop qui même sans artifices demeure néanmoins laquée de sucralose.

* Soulignons aussi les contributions de Jocelyne Berthiaume; l'auteure prolifique (elle écriera pour Les Sinners, Nicole Martin, Michèle Richard et signera les chansons pour enfants du clown Patof) réalise les scintillants kimonos griffés du groupe.

Rare sole LP by La Bande à Benny (Benny's Gang) offers all original numbers ranging from funky-bubblegum to glam n' roll ballads. Produced by reknowned producer Denis Pantis and Louis Parizeau (Les Sinners, La Révolution Française) in 1975.


Téléchargez une chanson / Download a song:

La Bande à Benny - Samedi Soir

La Bande à Benny - La Bande à Benny


Téléchargez l'album complet / Download the full album:

La Bande à Benny - La Bande à Benny (
1975; Multi-Pop MP-2)

lundi, janvier 28, 2008

Le journaliste et auteur Jean-Claude Trait s'immisce dans l'antre des Zommz. Il est le troisième personnage sur la droite, à gauche du Baron Filip (Le Petit Journal; juin 1969).

Baron Phillipe de Notre-Dame - Hier matin / Micro rêve (1967; Disque Monde 866)
*mise à jour*

Quel personnage fascinant que ce self-proclamé Baron! Lorsque j'ai publié en 2008 la première version de cet article, l'identité de ce mystérieux et déjanté chanteur demeurait nébuleuse. Depuis, le neveu et un proche du Baron sont entrés en contact avec moi et ont généreusement accepté de partager quelques anecdotes au sujet de cet artiste quelque peu contreversé.

Document essentiel de la scène artistique québécoise, Québec Underground 1962-1972 (3 volumes).

Né Philippe Gingras, ce poète et véritable électron libre de la scène montréalaise entre 1965 et 1975 s'associa très tôt aux manifestations marginales de la troupe d'avant-garde L'Horloge. Ce groupuscule rassemblait d'autres jeunes iconoclaste tels Claude Péloquin et Jean Sauvageau (tous deux plus tard du duo Péloquin-Sauvageau), Suzanne Verdal (danseuse et future épouse du sculpteur Arman), les musiciens Dominique Macchiagodenna, et Roland Béchard (aussi batteur pour le groupe Vic & the Conchords de Chatham en Ontario) et le peintre Serge Lemoyne.
Étaient-ce ces mêmes musiciens qui accompagnaient le Baron sur son unique simple? Je ne saurais dire...

Biographie du groupe L'Horloge signée par le Baron Filip (Québec Underground 1962-1972; Tome 1, p. 130-131)

Alors que la contre-culture émergeait internationalement, Gingras devint progressivement pour le Québec l'un des représentants les plus colorés de ces jeunes qu'on désignait dorénavant comme hippies. Proche de leurs idéaux communautaires, apolitiques et artisanaux, il colore leur identité à la sauce québécoise: désormais, en ce qui le concerne, on ne parlera plus de hippies, mais bien de Zommz. Ces fous du peuple, comme on les décrivait, souhaitaient s'adresser à tous les jeunes d'esprit en vue d'offrir des fêtes populaires gratuites à n'importe quel temps de l'année et n'importe où. Pas de doute, l'ambiance est au jeu, à la liberté; baba cool comme disent les Français. C'est dans cet état d'esprit que le Baron Filip popularisera à l'époque son slogan: Y'a rien là! Faut dire que ça devait en prendre beaucoup pour le déstabiliser...


Philippe Gingras, le Baron Filip ou Baron Philippe de Notre-Dame.

En partenariat avec le magazine underground Logos, il organisa sur le campus de l'Université McGill en juillet 1969 une grande «kermesse bilingue» où convergergèrent tous les hippies et Zommz de la métropole. Au programme, des mariages hippies nus, divers happenings et la musique psychédélique du groupe Le 25e Régiment! Plus tard, il fondera un organisme d'entraide nommé La Légion Humaine. L'entreprise se définissait comme un mouvement sans but lucratif, non politique et non religieux. Tous peuvent en faire partie; la seule condition c'est d'être jeune (...) On veut recruter des membres dans toutes les classes sociales; ceux qui sont sans le sou pourront réaliser les projets que les plus aisés financeront. Toujours poète, il poursuivra ses associations avec la scène de l'époque, en pleine ébulition, oeuvrant notamment aux côtés de Denis Vanier et d'un certain Pierrot Léger, dit Pierrot le Fou (membre original du trio La Sainte Trinité avec Plume Latraverse et le Docteur Landry).

Un lecteur nous a écrit pour partager ses souvenirs du Baron Filip (merci Guy). Je ne sais pas grand chose sur la carrière artistique du Baron. Je l'ai rencontré à Noel en 1972 à Ste-Hélène de Chester chez Jean Guernon, un collaborateur de Mainmise (et candidat pour le parti Vert aux dernières élections), il revenait alors d'Europe. Il a loué une grange dans le cinquième rang qu'il avait converti en maison. Un vrai shack pas chauffable en hiver, isolé avec du foin, pas d'eau courante ni d'électricité.


Le Baron Filip dans les années 70.

J'y ai passé mes vacances à l'été 73, âgé de 15 ans, j'était encore au secondaire. Ce n'était pas un retour à la terre, Philippe avait besoin d'un endroit ou vivre sa douce folie en paix. Il avait bien un jardin mais il n'a réussi qu'a y faire pousser des mauvaises herbes, malgré les ohm mani padné ohm chantés chaque matin. On discutait de tout, musique, philosophie, politique, art, littérature... Le temps s'écoulait lentement, on ne savait pas quel jour c'était, il n'y avait même pas d'horloge. Ce même été, il a organisé un happening à Victoriaville avec musique improvisée, peinture en direct, poésie et théâtre absurde. Il faisait flipper les bons citoyens avec sa barbe, ses cheveux aux épaules, ses ongles vernis, ses bagues et ses vêtements bizzares. Je l'ai même vu un après-midi rouler à vélo sur la rue principale habillé en roi, portant une couronne et une cape. Il maîtrisait l'art de la provoquation et il ne faut pas oublier que c'était il y a 40 ans. Je suis retourné à Montréal en septembre pour la rentrée des classes au grand soulagement de ma mère. La grange était passée au feu à l'hiver 74, Philippe s'en était sorti avec son vin de pissenlit mais sa bibliothèque et ses archives s'étaient envolées en fumée, une grande perte. Je l'ai perdu de vue un bon bout de temps. Je l'ai revu en 77, je pense qu'il revenait de Vancouver, il habitait avec sa copine un taudis au centre ville près du quartier chinois et vendait des champignons rigolos. Peu de temps après, je suis déménagé dans les Laurentides. J'ai appris sa mort, avec sa copine, dans un accident de la route au Lac-Saint-Jean à l'hiver 79.


Publié sur la microscopique étiquette Disques Monde (Les Différents, Le Spectre, Les Moribonds) l'unique simple du Baron Phillipe de Notre-Dame à de quoi surprendre! Les deux titres (sous la plume d'un certain J. Lalune) s'animent d'une prose surréaliste se défonçant au joual. Gingras ne possède pas une voix de rossignol, mais ce chant nasillard sied admirablement sa prose quasi Ti-Pop. Dans l'ensemble, le résultat se compare à ce que de joyeux marginaux tels Réal Barrette ou Roger Magnan réalisaient déjà à l'époque. La face A, Hier Matin, étonne par son approche grinçante. En effet, ce sale folk jugband rappelera le son de Country Joe & the Fish ou bien les notes burlesques des premiers Zappa: une complainte à se stoner la fraise (pour reprendre Satan Bélanger):

Hier matin, vous m'croirez pas: tout allait ben!
(C'est comme s'il flottait)
Y'avait des fleurs et puis des arbres et des mouches tout l'tour de mon jardin

J'ai bu un café, vous m'croirez pas, mais j'ai mis deux cubes.

(Y'a mis deux cubes de sucre)
Y'avait des tourbillons de lait qui m'disaient: «Embarque donc dans ma tasse!»

Micro rêve, la face B, réserve la plus belle surprise: un rock garage racontant les déboires d'un Baron particulièrement émêché. Ce titre original s'inscrit définitivement dans la lignées des compilations Nuggets ou Pebbles (écoutez ce solo de guitare en deux temps!). Il canalise frustrations et nonchalence aux travers d'un texte qui, bien qu'absent de toute profondeur, captive et vous colle entre les oreilles dès la première écoute.

Un jour tu passais dans mon rêve. Y'avait un micro sur ta chaise.
Et puis tu m'as dit:«M'aimes-tu chéri?». J't'ai répondu: «Ouais, chu ben parti!»
Ma p'tite rose toute noire. Que dois-je faire pour t'avoir?
J'casserais tout'; j'défoncerais tout'. J'en peux pu'! J'veux rien savoir!



Je tiens à remercier Guy et Maïté (neveu du Baron) pour leurs témoignages. Maïté cherche à colliger le plus d'informations quant au parcours artistique de son oncle, quelque peu renié depuis par la famille Gingras. Si vous avez des informations supplémentaires, n'hésitez pas à me contacter et je lui transmettrait le tout. Un merci tout spécial aussi à l'auteur d'une page Web dédiée exclusivement aux Zommz qui m'a permis de poursuivre mon enquête.

Unique single release from the mysterious Baron Phillipe de Notre-Dame (song entitled to an unknown J. Lalune) from 1967 (?) on the tiny Disques Monde label (home to garage legends Les Différents). While the A side labours on a stoned Country-Joe-&-the-Fish-styled jugband, the B side is a great garage number in the Nuggets/Pebbles vein. Both songs are sung in a characteristic "joual" accent from Quebec (quite adventurous from it's release date).




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Baron Phillipe de Notre-Dame - Hier matin / Micro Rêve (1967; Disque Monde 866)

jeudi, janvier 10, 2008

Demandes spéciales: Deux albums de nouveau disponibles!
By request, two re-ups!

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André Gagnon - Notre Amour (1968; Columbia FS 694)
(sélection de 4 titres)

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André Gagnon - Notre Amour


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Kaméléon - Kaméléon (1981; Pro-Culture PPC 6010)

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Kaméléon - Kaméléon



* Les titres Notre amour & Chanson pour Pétula sont aussi disponibles sur André Gagnon : Collection Émergence (1997; Sony Musique C2K 91076).

lundi, décembre 31, 2007

Guy Trépanier - Suite & Début (1973; Saturne SA-1001)

Il me tardait de partager avec vous cet opus du folk psychédélique Québécois qu'est Suite & Début, le deuxième album au catalogue de Guy Trépanier. Cet auteur-compositeur devenu progressivement producteur signerait plus tard de nombreuses trames sonores (Lance & Compte; Le Club des 100 Watts; quelques Contes pour tous) et produirait les blockbusters de Kashtin. Enregistré entre décembre 1972 et juin 1973, l'album décloisonne la chanson folk en misant sur une production plus complexe; en s'appuyant sur une vaste orchestration (sitar, synthés, choeurs) Suite & Fin rappelera par moments l'ambitieux LP éponyme de Jean Fortier (ce rare chef-d'oeuvre pop, cher aux oreilles de votre auteur, fera prochainement l'objet d'une survol plus exaustif).

Aux vibrations des premières notes de sitar d'En suite, l'auditeur berce bientôt entre le mellotron, des choeurs éthérés et une incicive guitare. Sans sombrer dans la passivité, les textes de Trépanier témoignent d'une certaine naïveté hippie autant dans leur propos (Que m'importe le Soleil, la Terre, le ciel, l'homme, l'univers) que dans leur rendu, surtout lorsque insuflés d'intenses choeurs (La terre tournera, désormais; Un peu moins off, dans les tournants; Moins catastrophe, pour les vivants) comme sur Un peu moins off. Ailleurs, l'intimiste Pour chaque soir, un matin (couplée de sa coda instrumentale Arc-en-ciel) et la délicieusement planante Galaxie touchent par leur mélodies désarmantes. 100 000 Années Lumières valse entre son refrain groundé (On empêche par la Terre de tourner à découvert quand on réinvente la vie) et des couplets cadensés au piano et aux choeurs (À 100 000 années lumière du premier premier tour de Terre, on oublie; On oublie de foutre le camp, peu importe le moment où l'on vie). Temporaire (face B du 1er simple issu de l'album, publié sur Polydor), en état d'apesanteur, est propulsé de synthétiseurs fuzzés à souhait et conclu Suite & Début sur une note des plus psychédéliques. En prime, découvrez le premier simple de l'album (Et puis voilà; 1972), un rock accrocheur armé d'un intense solo de synthétiseur.


Guy Trépanier's (later known for writing film/tv musical scores, namely for He Shoots, he scores) second LP, 1973 Suite & Début (Sequel & Begining) mixes folk, psych and pop numbers. Great production with sitar, synths and a touch of fuzz.


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Guy Trépanier - 100 000 années lumières


Guy Trépanier - Et puis voilà (Chanson pour Nicolas) [simple, 1973; Polydor POL 497]



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Guy Trépanier - Suite & Début
(1973; Saturne SA-1001)

dimanche, décembre 16, 2007






Les Loups, Les Intimes & Les Chantels - Noëls dans le vent
(1965; Fantastic FAC-1404)

"Décembre est arrivé; tout est illuminé; les citadins reprennent la gaité que le froid d'automne leur avait enlevé!" clament Les Loups à quelques jours de Noël. Si vous avez été bien sages tout au long de 2007, troquons, voulez-vous, l'orange de votre bas de Noël pour cette compilation plutôt originale réunissant trois groupes de l'écurie Fantastic: Les Loups (3 titres), Les Intimes (3 titres) & Les Chantels (4 titres).

Les Loups apportent ce je-ne-sais-quoi qui les démarquent instantannément de leurs collègues. La dynamique Ah! Les fêtes ne s'esouffle pas et vous colle droit à l'occiput. La preuve: cette pièce avait été utilisée dans une plus ou moins récente publicité de Zeller's (J'ignore qui proposait la trame sonore de cette série kaléidoscopique de publicités , mais je lui lève mon chapeau! L'étonnant remix de For Your Love des Yardbirds était des plus réussi! Quelqu'un l'a entendu?). Plus loin, l'étonnante Cette étoile (comme tous les autres titres de cette compilation, il s'agit ici de compositions originales) s'habille d'un efficace jeu de guitare et d'un accompagnement soigné de bongos et de flute. Plus rangée, retenons tout de même l'adaptation partielle de "Secret Agent Man" (Noël Étrange) des Chantels où ces derniers témoignent des difficultés associées au magasinage du temps de Fêtes. Du côté des Intimes, on tente d'émuler les Beatles (C'est Noël) et on jerk (visez-moi ce solo délicieusement maladroit sur Nous allons nous amuser). Tombe la neige, plus dramatique, vous souffle son judicieux falsetto sur fond d'histoire d'errance hivernale (Je vais cherchant dans le monde; en cette nuit de Noël; je n'sais où la joie se fonde; je vais chercher dans le ciel). À insérer dans votre chaîne HI-FI familiale au réveillon après votre enième lait de poule.


Great 1965 xmas-comp on Fantastic featuring beat groups such as Les Loups (The Wolves), Les Chantels & Les Intimes (The Intimates). All originals, sort of! Leave a comment!


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Les Loups - Ah! Les fêtes

Les Intimes - Nous allons nous amuser


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Les Loups, Les Intimes & Les Chantels - Noëls dans le vent
(1965; Fantastic FAC-1404)


vendredi, novembre 30, 2007


Michel Robidoux - Plus la même / Qu'est c'que ça peut faire
(1965; Tournesol TL-32)

Pour donner suite à l'excellente série d'articles à propos du Quatuor de Jazz Libre du Québec proposé par l'ami-blogueur Simon (auteur émérite de Psyquébélique), j'ai pensé vous proposer ce simple de Michel Robidoux produit par l'incontournable Pierre Nolès. Terriblement rythmées, ces deux reprise séduiront à la première écoute si vous excusez la qualité sonore de mon unique exemplaire. Plus la même (I call your name ; The Beatles) catapulte la piste vocale franchement à l'avant mais profite tout de même de cuivres et de choeurs auxquels Pierre Lalonde n'aurait pu résister... À nouveau, c'est la face B qui volera le spectacle. Qu'est c'que ça peut faire (un titre de Neil Sedaka?) démarre en trompe et impose sa rythmique tranchante, ses harmonies calibrées et un Robidoux juste assez blasé. Le résultat: un hit garage-beat qui ne peut qu'aller droit aux hanches! Dites-moi que j'ai tort!


This is Michel Robidoux (
2 years before joining the Quatuor de Jazz Libre du Québec) first release from 1965. One Beatles cover (Plus la même; I call your name) but it's the great garage-beat production over the B-side (a hit for Sedaka? Not sure) wich is worth a listen. Head straight for the dancefloor over this Pierre Nolès (famous arranger for The Sinners Vox Populi album) production. Leave a comment.





*Permettez-moi de souligner le colossale travail proposé par un collectionneur anonyme ayant publié un catalogue exhaustif des 45 tours Québécois, le tout répertorié par étiquettes. Merci et chapeau pour cette initiative!

dimanche, novembre 25, 2007









Claire Lepage & Compagnie - Claire Lepage & Compagnie
(Trans-Canada TC-766; 1970)

Quatre années après s'être mérité le trophée Méritas en 1966 pour sa reprise du tube de Hazelwood/Sinatra, Bang Bang, Claire Lepage continuait de mettre à profit ce timbre feutré qui l'avait déjà bien servi en empruntant cette fois une tendance plus hard-rock. Entre la Compagnie, ce trio composé de Germain Gauthier (chant, guitare et piano), Richard Patri (chant et batterie) & Bill Lagariuk (chant et basse). Si à première écoute Lepage semble imposer sa préférence pour les ballades, elle demeure néanmoins convaincante lorsque sa Compagnie adopte un son plus corrosif (s'apparentant par moments à celui du groupe Sex, de Granby). Nanette n'avait qu'à bien se tenir...




La fusion des genres opère à son meilleur sur Les Chemins de l'Amour et Rendez-Vous Express, 2 blues-rock écorchés à vif (visez le solo sur Les Chemins...). L'Amour est là, une reprise de l'unique hit du Edison Lighthouse, semblait destinée aux palmarès comme en témoigne sa production plus pop. Avec Depuis que c'est arrivé, une transition s'intensifie; les chants passent à l'anglais alors que le son de la Compagnie s'endurcit. Lepage se fera plus discrète sur deux des meilleurs moments qu'offre ce disque: Take it easy (hard-rock bluesé, excellent duo guitare-Hammond) et Tomorrow (un rock hautement contagieux avec un break d'enfer, rappelera par moments The Guess Who). Plus loin, une reprise trépidante des Beatles (épelée We can't work it out [sic] sur l'étiquette) s'avère plutôt efficace. En conclusion, la pièce Un Poète, un roi, une bergère tamise l'atmosphère. Le rythme est lent, le Hammond soutient délicatement les harmonies et un brouillard de phaser enveloppe la voix de Lepage. En 1970, soulignons que les chanteuses qui risquaient ce son étaient plutôt rares et cet album suprenant prédatait déjà la vague hardrock qui secouerait les puces du Québec dans les années à venir.



Claire Lepage change de bag! (Photo Vedettes; février 1971)

Great bluesy-hardrock album from 1970, Claire Lepage's rarest (read the short comment from the Acid Archive). This famous pop singer from Quebec fronted his new band (La Compagnie), who also provide much of the harder stuff found on this LP. Half french and english titles; 2 reprises from Edison Lighthouse (Love grows where my rosemary goes) to the Beatles (We can work it out). Leave a comment!





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Claire Lepage & Compagnie - Claire Lepage & Compagnie
(Trans-Canada TC-766; 1970)